Cinq ans de prison pour la mère d'un bébé secoué

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STRASBOURG (Reuters) - Une femme de 37 ans a été condamnée mercredi par la cour d'assises du Bas-Rhin pour avoir tué en 1999 sa fille Anaïs, un bébé de sept mois, en la secouant violemment.

L'avocat général avait demandé aux jurés de ne pas aller en deçà de cette peine pour ces faits, qualifiés de violences volontaires sur mineur ayant entraîné la mort et passibles de trente années de réclusion criminelle.

"Il y a une vraie pathologie chez Mme Connin, une vraie incapacité à aimer, un refus à voir cette incapacité", a affirmé Lydia Pflug.

La petite Anaïs, un enfant non désiré, non aimé, que Nathalie Connin avait conçu alors que sa relation avec le père battait de l'aile, était morte quelques heures après avoir été violemment secouée par sa mère, prise de colère devant un être qui pleurait et refusait de manger avec elle.

"Une des particularités de ce procès, c'est qu'Anaïs n'est représentée par personne et notamment pas par son père", a souligné l'avocat général, devant les bancs vides de la partie civile.

Nathalie Connin, petite femme au visage fermé qui a suivi son procès la tête le plus souvent baissée, a reconnu les violences mais refusé d'admettre qu'elles aient été, comme l'affirment les médecins, la cause quasi-certaine de la mort.

Le décès de ce bébé prématuré -Anaïs était née à six mois et demi-, qui ne pesait que 4,9 kilos pour 56 centimètres sept mois et demi plus tard, avait d'abord été classé en mort subite du nourrisson.

DÉJÀ CONDAMNÉE

La maltraitance n'avait été révélée qu'en 2005, par un témoignage recueilli dans le cadre d'une enquête ouverte après que Nathalie Connin avait été mise en examen à Nantes, où elle vivait alors, pour d'autres faits de violence à enfant.

La jeune femme, diabétique depuis l'âge de cinq ans, avait administré des piqures d'insuline à sa fille, Maëva, née d'un autre lit et âgée de 14 mois, provoquant chez elle des crises d'hypoglycémie.

Poursuivie pour "administration de substances nuisibles", cette fille de militaire décrite comme fragile, psychorigide, manipulatrice et "en grande détresse psychologique" par les experts, a été condamnée à trois ans de prison avec sursis en août 2008, une peine confirmée en appel.

Le professeur Michel Amar, psychiatre au CHU de Nantes, avait alors diagnostiqué un "syndrome de Müncchhausen par procuration", trouble plus particulièrement féminin consistant pour la mère à provoquer chez l'enfant une maladie et par là un processus de soins.

"Il s'agit de faire quelque chose qui permette à la mère d'aller voir le médecin en disant 'Aidez-moi '", a-t-il expliqué en visioconférence aux jurés de Strasbourg.

Pour le psychiatre, la mort d'Anaïs ne relevait pas de ce phénomène mais révélait déjà une "très importante souffrance morale" et un "trouble grave de la personnalité" chez cette femme dont les deux enfants -elle a également un fils- lui ont été retirés.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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