CIA : "La torture met en péril l'ensemble de la société"

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Un homme soupçonné d'appartenir à un groupe d'insurgés arrêté et emmené à la prison d'Abou Ghraib, en Irak, en 2010.
Un homme soupçonné d'appartenir à un groupe d'insurgés arrêté et emmené à la prison d'Abou Ghraib, en Irak, en 2010.

Le Point : Qu'avez-vous appris dans le sommaire du rapport du Sénat américain sur la torture pratiquée par la CIA ? Michel Terestchenko : On y trouve énormément de détails sur les méthodes employées contre les détenus d'al-Qaida. Bien qu'on y lise le caractère extrême et extraordinairement agressif de ces interrogatoires, ce n'est pas fondamentalement nouveau. Ce qui est confirmé, c'est l'inutilité et l'inefficacité de ces méthodes. Telle est la conclusion officielle qui ressort des six millions de documents livrés par la CIA. Ce qu'on découvre en revanche, c'est la politique de désinformation, d'intoxication et de manipulation que la CIA a employée de 2002 à 2008. L'exécutif américain n'était pas tenu informé de ce qui se passait dans ces centres de détention secrets. Le président George W. Bush ne l'a su qu'en avril 2006, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ou le vice-président Dick Cheney pas avant 2003. C'est terrifiant et ces faits suffiraient à nourrir toutes les théories conspirationnistes les plus extravagantes. Le 17 septembre 2001, le président a signé un mémorandum sur les opérations secrètes autorisant la CIA à "entreprendre toutes les opérations nécessaires" contre ceux qui, entre autres, "planifient des actes terroristes". Sans préciser quelles étaient les techniques d'interrogatoire autorisées. La CIA se voyait ainsi attribuer un blanc-seing et des pouvoirs sans précédent. Lire aussi Le...

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