Chypre n'exclut pas un plan européen de sauvetage bancaire

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NICOSIE (Reuters) - Chypre ne peut pas exclure un recours à un plan de sauvetage de l'Union européenne pour soutenir ses banques exposées à la crise grecque, mais craint les conditions politiques que ses partenaires européens pourraient lui imposer en échange, a déclaré mercredi le ministre chypriote des Finances.

Chypre, troisième plus petite économie de la zone euro, s'approche de la fin d'un délai à l'issue duquel elle devra recapitaliser la deuxième banque la plus importante du pays.

"Si nous bénéficions du Fonds européen de stabilité financière (FESF), il y a certaines conditions qui pourraient ne pas être acceptables pour nous", a dit Vassos Shiarly, interrogé par Reuters.

"Nous sommes un peu hésitants", a ajouté le ministre, qui s'est référé à "l'expérience irlandaise".

Popular Bank a besoin de recevoir 1,8 milliard d'euros de capitaux frais d'ici le 30 juin. Si la banque ne parvient pas à réunir l'argent d'elle-même, ce sera au gouvernement d'intervenir, alors qu'il est lui même à court de liquidités et privé d'accès aux marchés de financement.

Bien que la perspective d'un plan international de sauvetage bancaire apparaisse désormais comme une possibilité, plusieurs responsables chypriotes ont prévenu que le versement d'une aide financière ne devait pas être conditionnée à une hausse de la fiscalité, à l'origine de l'essor économique de Chypres.

Vassos Shiarly a précisé qu'il n'y avait pas de discussions en cours sur le sujet entre Chypre et l'UE, mais que le pays ne cherchait pas à "éviter" un plan européen de renflouement des banques.

Chypre peut également se livrer à des emprunts bilatéraux, même s'il ne s'agit pas de "l'option préférée", selon le ministre, mais plutôt d'une solution de repli. Le pays a déjà approuvé un emprunt de 2,5 milliards d'euros à la Russie fin 2011, dont les premiers versements doivent combler une part du déficit de cette année.

"Si nous postulons au FESF, nous saurons au moins que, si la pression sur nous est trop forte (dans le cadre du fonds), nous aurons toujours une alternative", a précisé Vassos Shiarly.

Michele Kambas, Julien Dury pour le service français, édité par Nicolas Delame

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