Chypre juge "délicates" les négociations avec la troïka

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NÉGOCIATIONS DIFFICILES ENTRE CHYPRE ET SES BAILLEURS DE FONDS
NÉGOCIATIONS DIFFICILES ENTRE CHYPRE ET SES BAILLEURS DE FONDS

NICOSIE (Reuters) - Les négociations entre Chypre et la 'troïka' des bailleurs de fonds internationaux sont à un "stade très délicat" et continueront dimanche à Bruxelles, a annoncé dans la nuit le gouvernement chypriote.

Dans un communiqué, le gouvernement a jugé que la situation était "très difficile", et a précisé que le président Nicos Anastasiades se rendrait dimanche matin à Bruxelles pour négocier les termes du plan d'aide demandé par Nicosie auprès de la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

Le chef de l'Etat, au pouvoir depuis à peine un mois, doit y rencontrer Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, présidents respectifs du Conseil et de la Commission européenne, ainsi que Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

Les ministres des Finances de la zone euro ont de leur côté prévu de se réunir dimanche à 17h00 GMT à Bruxelles pour examiner à nouveau le dossier chypriote.

La BCE a donné jusqu'à lundi à Chypre pour trouver le moyen de lever 5,8 milliards d'euros nécessaires afin de compléter le plan de sauvetage de 10 milliards, sous peine de cesser d'alimenter en liquidités les banques du pays.

Le gouvernement chypriote et les représentants de la troïka se sont mis d'accord samedi sur la création d'une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros, alors que les ministres des Finances se réunissent dimanche à Bruxelles.

Un haut responsable chypriote a précisé que l'accord prévoyait un prélèvement de 20% sur les dépôts supérieurs à 100.000 euros détenus par Bank of Cyprus, principale banque du pays et une taxe de 4% sur les comptes affichant un solde identique gérés par les autres institutions bancaires.

Le projet doit être soumis au Parlement qui a rejeté mardi à l'unanimité un premier projet qui prévoyait d'exonérer les comptes inférieurs à 20.000 euros, de prélever 6,75% sur les dépôts bancaires d'un montant de 20.000 à 100.000 euros et 9,9% au-delà.

Les députés chypriotes ont ensuite voté vendredi en faveur d'une nationalisation des fonds de pensions et adopté une loi autorisant la séparation des activités bancaires saines des activités "toxiques".

Une autre loi permettra au gouvernement de contrôler les capitaux bancaires afin d'éviter des retraits massifs à la réouverture des banques, prévue mardi après plus d'une semaine de fermeture forcée.

Les banques chypriotes gèrent 68 milliards d'euros de dépôts bancaires, dont 38 milliards sur des comptes présentant un solde supérieur à 100.000 euros. Ces sommes, énormes pour un pays de 1,1 million d'habitants, s'expliquent par les dépôts massifs de ressortissants étrangers, notamment russes.

Michele Kambas; Pierre Serisier, Guy Kerivel et Julien Dury pour le service français

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  • mlaure13 le dimanche 24 mar 2013 à 19:41

    Que cherche l'UE ? Pensait-elle vraiment que son plan initial allait être accepté ? À moins qu'elle n'aille volontairement au clash ? Peut-être s'agit-il de faire de Chypre une sorte de laboratoire -- un endroit où étudier en direct une situation de faillite bancaire, de paralysie du pays et de sortie précipitée de la Zone euro ? Les enseignements que l'on pourrait tirer de son éviction de l'Eurozone pourraient être précieux pour -- au hasard -- la Grèce, l'Italie, l'Espagne...etc...

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