Chute en trompe-l'?il des saisies immobilières aux États-Unis

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Le scandale qui a éclaboussé les procédures des banques n'a fait que ralentir le mouvement, qui reprendra en 2011.

Personne ne se réjouit du plongeon de 21% des saisies imminentes de logements aux États-Unis en novembre. Le phénomène n'illustre en rien une amélioration de la solvabilité des propriétaires. Il reflète simplement la suspension de milliers de procédures par les banques en réaction à la découverte depuis octobre de vices de forme dans les procédures de saisies.

Sous la pression d'enquêtes de la part des procureurs des États américains, les banques sont en train de réviser la manière dont elles établissent la preuve juridique de leurs droits à saisir des maisons détenues par des emprunteurs qui ne payent plus leurs mensualités depuis des mois.

Certains établissements, comme Bank of America, le plus grand du secteur, estiment avoir suffisamment confiance dans leurs régimes de contrôle pour reprendre leurs saisies à plein régime en janvier. L'institution vient de renouveler 16.000 procédures dans 23 États. Elle se prépare à en réactiver 102.000 autres lorsque les erreurs choquantes et approximations ­révélées il y a quelques mois auront été corrigées.

En dépit de cet épisode, 2010 s'annonce comme une nouvelle année record pour les saisies. Plus d'un million auront été engagées cette année, contre 900.000 l'année dernière. Ces records devraient être battus l'an prochain. On anticipe même une forte accélération avant le printemps en raison de la réactivation des procédures suspendues ces dernières semaines.

Emprunteurs délinquants

Le retour de la croissance économique aux États-Unis depuis l'été 2009 n'a pas suffi à enrayer la crise du secteur immobilier résidentiel. Le maintien du chômage à près de 10% reste le principal facteur de défauts de paiement élevés qui débouche sur des saisies. Le calcul rationnel de plus en plus d'emprunteurs de cesser d'honorer leurs dettes joue aussi un rôle important. Plus de 23% des propriétaires se trouvent en effet devoir aujourd'hui plus à leur banque que la valeur de marché de leur maison. Cette proportion a grimpé de 1% en un an.

Beaucoup de foyers préfèrent rendre les clés de leur logement et déménager sans payer leurs échéances. La sanction de ce comportement est une inscription sur la liste de rouge des «emprunteurs délinquants» pendant des années, la perte de leur capital et de leur propriété. Pour certains, c'est encore préférable au paiement de mensualités qui ne peuvent être réduites. En effet, lorsque la valeur de marché d'un bien est très dévaluée, les possibilités de refinancement à des taux plus bas s'évanouissent.

Selon le cabinet RealtyTrac, en novembre, pour le quarante-septième mois consécutif, le Nevada détient le record des saisies. La sanction y frappe un foyer sur 99, ce qui représente cinq fois plus que la moyenne nationale. L'Utah (un foyer sur 221) et la Californie (un foyer sur 233) arrivent en seconde position.

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