Chute des profits des sociétés du CAC 40 en 2012 avec la crise

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CHUTE DES PROFITS DES SOCIÉTÉS DU CAC 40 EN 2012
CHUTE DES PROFITS DES SOCIÉTÉS DU CAC 40 EN 2012

PARIS (Reuters) - Les sociétés du CAC 40 ont vu en 2012 leurs résultats fortement impactés par la crise économique en Europe, mais elles ont néanmoins réussi à maintenir leur niveau d'activité et de marges grâce à leur exposition aux pays émergents et un contrôle strict de leurs coûts.

L'an dernier, les entreprises du CAC 40 - hormis Carrefour et Gemalto qui doivent encore publier leurs résultats annuels et Alstom qui publie en exercice décalé - ont dégagé un résultat net part du groupe total de 50,8 milliards d'euros, soit un repli de 29,8% par rapport à 2011, selon des données compilées par Reuters.

Seulement 11 sociétés sur 37 au sein du CAC 40 ont enregistré un résultat net part du groupe supérieur à ce que qu'attendaient les analystes interrogés par Thomson Reuters I/B/E/S.

Ces derniers tablaient pour leur part sur un repli de 7% du résultat net part du groupe cumulé pour ce panel des sociétés du CAC 40.

Le chiffre d'affaires total s'élève à 1.220 milliards d'euros, en hausse de 4,2% sur un an, 23 sociétés sur 38 au sein du CAC 40 (hormis Carrefour et Gemalto) ayant fait état de revenus supérieurs au consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

"Globalement les résultats sont plutôt en dessous du consensus et des moyennes historiques. Mais si on regarde au niveau des chiffres d'affaires, on constate une certaine solidité", souligne Jean-Philippe Muge, gérant chez SwissLife Banque privée.

Si le repli est prononcé du côté des résultats nets, conséquence de la conjoncture économique morose en Europe, les plus fortes déceptions sont avant tout liées à l'inscription d'importantes dépréciations d'actifs dans les comptes de 2012.

Ainsi, Crédit Agricole a-t-il publié une perte de 6,5 milliards d'euros en 2012 (contre une perte de 2,9 milliards attendus par le consensus Thomson Reuters I/B/E/S) après avoir inscrit pour 4,8 milliards de charges exceptionnelles dans ses comptes.

GDF Suez a également été contraint de déprécier deux milliards d'euros d'actifs l'an dernier, ce qui a porté son résultat net à 1,55 milliard d'euros contre 3,613 milliard attendu par le consensus.

CHAMPIONS À L'EXPORT

Face à ces éléments exceptionnels, l'activité et les marges des grandes entreprises françaises ont en revanche plutôt bien résisté.

"Les leviers de croissance ont été les mêmes que les années précédentes : l'exposition à l'international et l'investissement productif", relève Gilles Guibout, gérant chez Axa IM.

Les entreprises qui ont pu procéder à des hausses de prix dans un contexte très concurrentiel et de hausse des matières premières, ce qu'on appelle en jargon financier le 'pricing power', s'en sont également mieux sorties, soulignent unanimement les gérants.

Les grands champions français à l'export, comme les biens de consommation non cycliques, le luxe ou encore l'aéronautique, peuvent ainsi tirer un bilan positif de leur année 2012, ce qui est moins le cas des valeurs plus domestiques comme France Télécom ou GDF Suez, soumises à la conjoncture européenne déprimée et à des pressions sur les prix.

"Globalement, les entreprises ont continué à améliorer leurs marges en 2012 - ce qui était loin d'être gagné - en procédant à des plans d'économies", relève également Olivier Noël, gérant actions chez Turgot AM.

Actuellement, pas moins de deux tiers des sociétés du CAC 40 sont en train de réaliser des plans d'économies, calcule Jean-Philippe Muge, qui note que le rythme d'amélioration des marges cette année a été inférieur à celui de 2006-2011.

ESPOIR DE REPRISE AU SECOND SEMESTRE

Ces plans d'économies n'ont toutefois pas empêché les entreprises françaises de se montrer généreuses envers leurs actionnaires, à l'exception du secteurs des télécoms et des services aux collectivités ('utilities').

"Lafarge, qui a été confronté ces derniers années à de gros problèmes d'endettement, a annoncé une hausse de son dividende pour la première fois en quatre ans. C'est un très bon signe", note Jean-Philippe Muge.

Le gérant relève aussi un discours relativement rassurant des entreprises du CAC 40 sur leurs perspectives 2013.

"Il y a plus de sociétés qui ont eu discours modérément optimiste que très prudent", observe-t-il.

Les gérants interrogés par Reuters estiment que l'exposition des sociétés aux pays émergents devrait rester le principal levier de croissance des résultats des sociétés du CAC 40 en 2013.

"Il y aura probablement une reprise économique en Chine, avec la poursuite d'une très forte croissance en Amérique latine. La reprise de l'immobilier américain peut aussi constituer un autre moteur", observe Eric Vanpoucke, analyste buy-side chez Meeschaert AM.

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les bénéfices par action (BPA) des sociétés du CAC 40 devraient progresser de 3,4% cette année.

Les analystes ont néanmoins fortement revu leurs estimations à la baisse, puisqu'ils tablaient encore sur une progression des BPA de 12,2% en septembre dernier.

"Il va être compliqué en 2013 d'améliorer encore les marges, les entreprises ayant déjà procédé à beaucoup de réduction de coûts", prévient Olivier Noël.

"Le seul élément qui pourrait permettre d'aller dans ce sens serait la reprise économique espérée au second semestre en Europe", explique le gérant.

En attendant, Carrefour et Gemalto clôtureront le bal des publications des résultats 2012 sur le CAC 40 respectivement le 7 mars et le 14 mars.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier pour les graphiques et Naomi Yamaguchi Thébault, édité par Jean-Michel Bélot

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