Chute des marchés : « comme un mauvais remake » (CPR AM)

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Les marchés ont terminé en forte chute jeudi 11 février, le CAC40 perdant plus de 4%.
Les marchés ont terminé en forte chute jeudi 11 février, le CAC40 perdant plus de 4%.

Les marchés européens ont poursuivi jeudi 11 février leur mouvement de chute des jours précédents, malgré un éphémère rebond enregistré la veille. CPR AM fait le point sur la situation dans une note de conjoncture mensuelle publiée jeudi en cours de journée.

Saison des résultats : de bons chiffres mais des investisseurs craintifs

Alors que le pétrole rechute et que les inquiétudes sur le secteur bancaire européen repartent de plus belle, la saison des résultats 2015 bat son plein et rajoute de la nervosité sur les marchés au gré des bonnes et des mauvaises publications.

Aux Etats-Unis, « Après 60% des publications, les résultats apparaissent en ligne voir légèrement supérieurs [aux attentes], mais après que toutes les perspectives ont été largement ajustées en baisse auparavant », observent les analystes de CPR AM.

Très regardées actuellement, « Les sociétés pétrolières ont montré leur forte capacité d’adaptation en termes de coûts dans un contexte de sinistrose aiguë », en réduisant leurs investissements et en réduisant leur main d’œuvre lorsque cela devenait nécessaire. En ce qui concerne le secteur bancaire, extrêmement pénalisé en Bourse aujourd’hui encore, la société de gestion reste laconique en affirmant simplement que « Les banques [américaines] ne montrent pour l’instant pas d’inquiétude sur les dérives de leur engagement sur le pétrole et les matières premières ».

En Europe, « 30% des entreprises ont publié [leurs résultats du dernier trimestre]. Pour le secteur pétrolier, les ventes continuent mais le prix du baril a tellement baissé que les bénéfices plongent… Pour les financières, on constate une détérioration générale des bénéfices mais surtout sur les banques » note CPR AM. Les banques françaises semblent pourtant plutôt échapper à ce constat, BNP Paribas et Société Générale ayant publié la semaine dernière et aujourd’hui des résultats positifs et supérieurs à ceux de 2014, malgré un second semestre 2015 moins bon que le premier. Société Générale a plongé en Bourse non pas à cause de ses résultats 2015, mais à cause de sa prudence pour 2016.

Toujours au sein de la zone euro, « la consommation au sens large (courante et discrétionnaire) se porte bien : +9% en croissance de ventes et +64% en croissance des bénéfices », note enfin CPR AM, relativisant ainsi le signal d’alerte des deux précédents éléments relevés.

La société de gestion a abaissé de 5% son exposition aux actions européennes, et de 7,5% son exposition aux actions américaines, mais reste fortement investie sur ces marchés.

« C’est en tout cas désagréable »

« C’est en tout cas désagréable » réagit Philippe Weber, responsable études et stratégie chez CPR AM, au sujet de la récente chute sur des marchés actions. Alors que les marchés ont beaucoup monté au cours des dernières années en Europe comme aux Etats-Unis, « On revient, non sans douleur, à des valorisations sans doute plus raisonnables », reconnaît-il. Pourtant « une récession n’est nullement, à mon sens, l’hypothèse la plus probable ».

Dans l’actuel mouvement de baisse, « Le ralentissement perçu en Chine joue très certainement un rôle. La deuxième économie du monde est un gros importateur de matières premières, de machines et de biens de consommation (de l’automobile aux produits de luxe). Si la demande intérieure fléchit, c’est autant de commandes en moins, pour les pays développés comme pour les producteurs de matières premières », rappelle le stratégiste.

Par ailleurs, « Le changement de la politique monétaire américaine joue nécessairement un rôle. La Réserve fédérale le sait, en tient compte, mais je ne pense pas qu’elle se détournera pour autant de ses objectifs légaux » affirme-t-il, signifiant que le mouvement de hausse des taux lancé fin 2015 ne pourra pas forcément être freiné par la mauvaise passe des marchés.

Marché obligataire : le High Yield US, malmené, devient attractif

Du côté du marché obligataire, « Le marché du High Yield a été sous forte pression au cours des derniers mois, abandonnant 113 pbs en Europe et 257 pbs aux États-Unis depuis mi-2015 et affichant désormais un rendement de 6% et 9,5% respectivement », remarquent les analystes de la société de gestion. « Le secteur énergie/matières premières reste au cœur du problème et les défauts pourraient atteindre 20% cette année sur le secteur » affirment-ils.

« La question est donc de savoir si cette crise sectorielle peut se transformer en crise systémique. Nous ne le pensons pas a priori, c’est pourquoi le rendement offert par ce segment nous parait intéressant au regard des risques. Un rendement de 9,5% aux États-Unis permet d’encaisser un taux de défaut de 55% sur l’énergie et de 3% sur les autres secteurs afin de maintenir le breakeven [point mort en termes de gains] fin 2016 », poursuivent-ils.

Malgré ce relatif optimisme, la société de gestion a abaissé son exposition aux taux américains le marché obligataire.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • MI2010SP il y a 11 mois

    la crise économique mondiale s'aggrave...lire

  • pierry5 il y a 11 mois

    Bof ça doit pas être trop grave, Apple a perdu 250Mlds ces derniers mois et personne n'en parle.