Chute des Bourses européennes en clôture

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont subi mercredi leur plus forte baisse depuis deux mois, dans la crainte d'un réveil brutal de la crise de la dette dans la zone euro.

À Paris, le CAC 40 a lâché 98,97 points (2,82%) à 3.414,84, terminant à son plus bas du jour et accusant sa plus forte baisse depuis le 23 juillet. Le Dax à Francfort a perdu 2,0% et le FTSE à Londres 1,56%. L'indice paneuropéen Eurostoxx 50 a chuté de 2,72%, sa plus forte baisse depuis le début août.

Les pertes sont encore plus notables pour la Bourse de Milan, qui a lâché 3,29%, et Madrid, qui abandonné 3,92%.

De violentes manifestations contre l'austérité en Espagne et une journée de grève nationale en Grèce ont ravivé les craintes d'une aggravation de la crise de la dette en Europe.

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a lui-même pris le risque d'envoyer un signal négatif aux marchés en déclarant au Wall Street Journal qu'il ne se résoudrait à demander un plan de sauvetage que si les coûts d'emprunt de Madrid devaient rester durablement élevés.

L'Espagne, dont le produit intérieur brut a poursuivi sa forte contraction au troisième trimestre, pourrait au final ne pas avoir le choix. D'autant que trois pays - Allemagne, Pays-Bas et Finlande - ont publié un communiqué commun qui semble remettre en question le principe convenu au sommet européen de Bruxelles d'une recapitalisation directe des banques en difficulté, donc le plan d'aide de 100 milliards d'euros accordé aux banques espagnoles.

Confronté à une grève générale ce mercredi, le gouvernement grec a de son côté finalisé ses dernières mesures d'austérité qui doivent lui permettre d'économiser près de 12 milliards d'euros et satisfaire ainsi ses créanciers internationaux.

La crise n'épargne pas la France, comme l'illustre la hausse du chômage en août et la baisse de la confiance des ménages en septembre et .

Les mauvaises nouvelles sur le front des indicateurs ont pesé sur les valeurs les plus sensibles au cycle économique - l'indice sectoriel paneuropéen de l'automobile a cédé 3,03% et celui des ressources de base 2,45% - mais ce sont les financières, en baisse de 3,57%, qui ont le plus souffert en raison de la résurgence de la crise de la dette.

EADS (-2,96%) et BAE Systems (-2,56%), pour leur part, ont continué de pâtir de la confusion entourant leur projet de fusion. Le président exécutif d'EADS, Tom Enders, a déclaré mercredi que la future entité ne devrait "pas forcément" faire l'objet d'un engagement important des États et qualifié de "juste" le ratio de valorisation de 60-40 . De son côté, le vice-ministre allemand de l'Economie a jugé que les actionnaires de la maison mère d'Airbus étaient "désavantagés". La France, quant à elle, entend garder une capacité d'influence sur le nouveau groupe et trouve trop courte l'échéance du 10 octobre fixée par la Bourse de Londres pour boucler le projet de fusion.

La chute des marchés boursiers s'est accompagnée d'un recul continu de l'euro par rapport au billet vert, la monnaie unique retombant à 1,2865 dollar, au plus bas depuis deux semaines, et d'une remontée des coûts de financement de la dette espagnole, le rendement des obligations à dix ans étant repassé au-dessus de 6% pour la première fois depuis une semaine .

"Plus le marché sera nerveux concernant l'Espagne, plus les rendements monteront (...) Toute la question sera de voir si Madrid se résout à demander une aide avant que les rendements atteignent un niveau insupportable", dit Paul Robson, analyste changes chez RBS.

L'inquiétude a profité aux Bunds allemands, qui ont bénéficié d'achats refuge en dépit d'une adjudication décevante de papier à 10 ans dans la matinée

Les cours du pétrole ont eux aussi accusé le coup, passant sous leur moyenne mobile des 100 derniers jours. En fin de journée européenne, le baril de brut de mer du Nord lâchait 1,24% à 109,08 dollars et le brut léger américain chutait de 2,07% à 89,48 dollars. L'annonce d'une baisse inattendue des stocks américains la semaine dernière n'a que momentanément freiné le mouvement de repli.

"On dirait qu'il n'y a aucune solution en vue pour la crise de la zone euro", relève Carsten Fritsch, analyste pétrolier chez Commerzbank à Francfort. "Il est impossible de faire des réformes financières face à une telle opposition des peuples".

Véronique Tison et Tangi Salaün pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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