Chute des Bourses et de l'euro, la crise de la dette inquiète

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par Alex Richardson

SINGAPOUR (Reuters) - Les Bourses européennes ont ouvert en repli de plus de 1% lundi, à la suite de la chute des places asiatiques, et l'euro était en net repli en raison des interrogations des investisseurs sur la capacité de l'Europe à contenir une crise de la dette qui pèse déjà beaucoup sur l'économie mondiale.

Dans un même mouvement, les matières premières - métaux précieux, métaux industriels, pétrole - poursuivaient leur recul, les intervenants de marché fuyant tout actif jugé risqué dans ce contexte d'incertitudes.

L'or chutait de près de 5%, repassant franchement sous la barre de 1.600 dollars l'once après avoir déjà abandonné 100 dollars vendredi, le métal jaune ayant perdu son attrait de valeur refuge au bénéfice du billet vert et des emprunts du Trésor américain.

Le cours de l'argent reculait de son côté de 15%.

L'euro est tombé à un plus bas de 10 ans face au yen, à près de 102 yens, et à un creux de huit mois face au dollar, vers 1,3365 dollar pour un euro.

L'Europe a une nouvelle fois été appelée dimanche à muscler sa réponse à la crise de la dette qui l'afflige, le Fonds monétaire international demandant notamment plus d'actions de la part de la Banque centrale européenne.

Selon le FMI, la BCE est en effet le seul acteur suffisamment fort pour "effrayer" les marchés financiers.

L'Allemagne, tout comme plusieurs hauts responsables de la BCE elle-même, n'ont toutefois guère envie de voir l'institution de Francfort s'impliquer davantage dans le soutien à la Grèce et aux autres pays en difficulté.

Mais après le plongeon des marchés lié à la crainte d'une contagion de la crise grecque, la pression devient très forte sur les décideurs européens.

Le vice-ministre allemand des Finances Jörg Asmussen n'aura sûrement pas rassuré les acteurs de marché en disant que la Grèce devra sans doute attendre au-delà de la tenue d'une réunion de l'Eurogroupe le 3 octobre avant qu'une décision soit prise sur le déblocage de la prochaine tranche, vitale pour la survie du pays, du plan d'aide.

Après avoir chuté de 7,5% la semaine dernière, l'indice MSCI des actions de la région Asie-Pacifique hors Japon cédait 3,5%, évoluant à un plus de 16 mois.

La Bourse de Tokyo a clôturé à un plus bas de deux ans et demi et le future sur l'indice S&P 500 suggère un recul de près de 1% de Wall Street en ouverture.

Les marchés financiers mondiaux sont en chute libre depuis la fin juillet, sous le coup des craintes d'une nouvelle récession aux Etats-Unis et d'un dérapage incontrôlé de la crise de la dette de la zone euro.

"La baisse de l'appétit pour le risque reflète les inquiétudes concernant la capacité des dirigeants d'agir à temps ou de manière suffisamment décisive", a noté Herve Goulletquer, analyste chez Crédit agricole.

"Etant donné que le retour de la confiance dépend de tant de facteurs, pas seulement celle des marchés financiers mais de tous les agents économiques, toutes les nouvelles peu réjouissantes risquent de faire basculer l'économie mondiale."

Les cours du pétrole reculaient de près de 2%, la perspective d'une baisse de la demande d'or noir pesant sur le marché.

Les inquiétudes sur l'état de l'économie mondiale handicapent également les métaux tels que le cuivre, qui perd 6% après avoir subi la semaine dernière sa plus forte baisse hebdomadaire en près de trois ans.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean Décotte

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