Chute des Bourses et de l'euro après les élections italiennes

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L'INCERTITUDE EN ITALIE FAIT PLONGER LES BOURSES EUROPÉENNES
L'INCERTITUDE EN ITALIE FAIT PLONGER LES BOURSES EUROPÉENNES

par Richard Hubbard et Lisa Jucca

LONDRES/MILAN (Reuters) - Les Bourses européennes chutent lourdement mardi à mi-séance, dans la crainte que l'issue incertaine des élections législatives de dimanche et lundi en Italie ne relance la crise de la dette en zone euro.

L'euro a brièvement touché son plus bas niveau en sept semaines, près de 1,30 dollar, avant de se stabiliser autour de 1,31 dollar vers 11h30 GMT, l'absence de majorité claire au Sénat annonçant des semaines de tractations politiques, voire de nouvelles élections dans le courant de l'année.

Les rendements des obligations souveraines italiennes, espagnoles et portugaises se tendaient violemment, alors que l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), valeur refuge par excellence en Europe en période d'aversion au risque, était très recherché.

Lors d'une adjudication très attendue sur les marchés, le premier appel au marché post-élections du Trésor italien, Rome a vu ses coûts d'emprunt à six mois grimper à leurs plus hauts niveaux depuis octobre 2012, à 1,237% contre 0,731% fin janvier.

L'Italie semble plongée dans une impasse politique après le vote protestataire qui a marqué les élections de dimanche et lundi, au terme desquelles aucune alliance n'apparaît en mesure de former un gouvernement stable.

"Il s'agit du plus mauvais résultat imaginable du point de vue du marché", souligne Alessandro Tentori, responsable des marchés de taux au niveau mondial chez Citigroup.

"SAUT DANS L'INCONNU"

Le centre gauche italien de Pier Luigi Bersani est majoritaire au sein de la Chambre des députés, mais il ne contrôle pas le Sénat, qui dispose de prérogatives équivalentes, même avec le soutien des centristes de Mario Monti.

"Ce résultat très serré et l'impasse parlementaire crée un risque non négligeable d'assister à de nouvelles élections", estime Holger Schmieding, responsable de la recherche économique chez Berenberg Bank, qui n'écarte pas non plus totalement le risque que de nouvelles élections ne débouchent sur l'organisation d'un référendum sur l'euro.

Le rendement des obligations souveraines italiennes à 10 ans bondissait de 42 points de base à 4,79% tandis que la Bourse de Milan perdait plus de 4,5%. Les banques italiennes sont particulièrement touchées avec des pertes de 8% à 10% des deux principales banques du pays, Intesa Sanpaolo et UniCredit.

La Consob, l'autorité italienne des marchés financiers, a annoncé en cours de séance une interdiction, valable mardi et mercredi, des ventes à découvert - qui permettent de vendre des titres empruntés et tendent à accentuer les baisses - sur Intesa Sanpaolo, la banque italienne la plus affectée par la nouvelle.

Les autres marchés européens étaient également enfoncés dans le rouge, avec des pertes de 2,2% pour l'indice CAC 40 à Paris, de 1,3% pour le FTSE 100 à Londres et de 1,8% pour le DAX à Francfort. La Bourse de Madrid perdait 2,8%.

Madrid, également au coeur de la crise, a manifesté son inquiétude, le ministre des Affaires étrangères ayant déclaré qu'il s'agissait d'un "saut dans l'inconnu qui n'annonce rien de bon pour l'Italie ou pour l'Europe".

L'indice paneuropéen EuroStoxx 50 pour sa part abandonnait 2,8%, plombé par les secteurs financiers, gorgés de dette souveraine de la zone euro. L'indice bancaire perdait 2,8% et celui de l'assurance reculait de 2%.

Richard Hubbard, Peg Mackey et Alex Lawler, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison

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