Chute des banques grecques à la Bourse d'Athènes

le , mis à jour à 14:18
7

La Bourse d'Athènes chute de nouveau, entraînée par les valeurs bancaires.
La Bourse d'Athènes chute de nouveau, entraînée par les valeurs bancaires.

Avec le report de la réunion de l’Eurogroupe prévue jeudi, les banques grecques chutent à la Bourse d’Athènes. La crise de la dette grecque s’invite de nouveau sur les marchés, même si la contagion aux autres places européennes est presque inexistante.

L'indice Athex de la Bourse d’Athènes perdait 3,68% mercredi 27 avril à la mi-séance, plombée par les valeurs bancaires en forte chute suite à l’annonce d’un report de la prochaine réunion de l’Eurogroupe initialement prévue jeudi 28 avril.

À 14h, Eurobank perdait 11,34% à 0,74 euros, National Bank (Ethniki Trapeza) 9,93% à 0,26 euros, Piraeus Bank (Trapeza Piraios) 10,24% à 0,24 euros et Alpha Bank 5,69% à 1,99 euros. Le mouvement baissier se transmettait également aux autres secteurs : une seule des 45 valeurs cotées à l’Athex était en hausse mercredi matin.

Eurogroupe : « Un délai supplémentaire est nécessaire »

Pour rappel, les « Eurogroupes » désignent les réunions de l’ensemble des ministres des Finances des Etats de la zone euro. Lors de ces sommets, les discussions se font à huis clos et peuvent déboucher sur d’importantes décisions. De son temps, l’ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis s’était montré extrêmement critique sur le mode de fonctionnement de ces réunions.

L’éternelle question de la dette grecque était à l’ordre du jour de la réunion de l’Eurogroupe prévue jeudi. « Un délai supplémentaire est nécessaire » pour discuter avec le gouvernement grec de la mise en place des réformes prévues pour le déblocage de l’aide financière au pays, a indiqué mardi soir le porte-parole du président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

Les accords du 13 juillet 2015, prévoyant l’octroi progressif d’un prêt de 82 à 86 milliards d’euros des Etats européens à la Grèce jusqu’en 2018, doit être versé par tranches. Chaque tranche du prêt n’est octroyée qu’en contrepartie de la mise en application de réformes visant théoriquement à redresser l’économie du pays. Ce programme prévoit qu’à terme, en 2018, l’Etat grec dégage un excédent primaire annuel d'environ 3% de son PIB, un chiffre irréaliste au vu du nouveau déficit budgétaire de 7,2% que le pays a enregistré en 2015 d’après les dernières données d’Eurostat.

La mise en application des réformes demandées par les créanciers de la Grèce reste par ailleurs difficile à mener dans le contexte actuel d’une économie de nouveau en récession (PIB en baisse de -0,2% en 2015 après une éphémère embellie en 2014).

La réunion de l’Eurogroupe prévue jeudi devait ainsi servir à rediscuter de ces sujets pour trouver un moyen de rendre la situation plus viable pour le pays sans pour autant pénaliser les créanciers. Le FMI s’était invité dans les débats préalables à la réunion, en insistant sur la non-soutenabilité de la dette grecque, et en défendant le principe d’un défaut partiel (« hair cut ») du pays vis-à-vis de ses créanciers, même si ces derniers sont des créanciers publics.

Pas de contagion des craintes

Il y a un an, le sujet aurait suffi à entraîner à la baisse l’ensemble des marchés européens. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. La chute de la Bourse d’Athènes reste cantonnée au pays : en France, le CAC40 s'affichait en hausse de +0,42% à 14h15, tout comme le Dax 30 allemand qui gagnait 0,44% à la même heure.

Les investisseurs semblent s’être habitués aux rebondissements sur le « dossier grec », avec le sentiment que les accords du 13 juillet dernier repoussent tout de même de plusieurs années le risque d’un défaut de paiement de la Grèce, ceci malgré les récents propos alarmants du FMI.

À noter que l'indice Athex de la Bourse d'Athènes, qui avait chuté à son plus bas historique le 11 février dernier à 440 points, avait connu une embellie au cours des deux derniers mois à l'instar de l'ensemble des marchés européens, revenant à 600 points au cours des derniers jours (+35% par rapport au point bas).

Evolution de l'indice Athex de la Bourse d'Athènes depuis 2009. Graphique : Boursorama.
Evolution de l'indice Athex de la Bourse d'Athènes depuis 2009. Graphique : Boursorama.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • 445566ZM il y a 10 mois

    Ils sont très malins les grecs, donc ils pourront faire tourner en bourrique nos politiques et nos économistes pendant longtemps.

  • abertoni il y a 10 mois

    Le même scénario tous les 2 ans.on injecte encore dans 2 ans.en attendant l'octroi des aides les marchés vont à nouveau s'en ressentir.et notre dette augmentera encore et encore .

  • woucoo42 il y a 10 mois

    J'adore ce passage : Chaque tranche du prêt n’est octroyée qu’en contrepartie de la mise en application de réformes visant théoriquement à redresser l’économie du pays. Surtout le "théoriquement" :-)) Bientôt plus de 11 MILLIONS de clochards grecques. Ensuite, les italiens, les espagnols et bien d'autres le deviendront. Quelle belle inventions cette UE...

  • sibile il y a 10 mois

    on les a déjà recapitalisées combien de fois, les banques grecques ?

  • 23425c il y a 10 mois

    Il faut condamner Goldman Sachs a racheter les banques grecques car c'est Goldman Sachs qui a maquillé les comptes de la Grèce pour qu'elle entre en zone euro.

  • dcabon il y a 10 mois

    "Les investisseurs semblent s’être habitués aux rebondissements sur le « dossier grec »". Oui maintenant la dernière mode, c'est le pétrole, qui explique TOUT !!!

  • jmlhomme il y a 10 mois

    Les grecs n'auront pas d'autres issues que de sortir de la zone Euros pour se retablir financierement rapidement. Chacun de nous doit penser au jour ou les mêmes pressions vont arriver pour arreter l'hémorragie de la dette. Le futur président devrait annoncer un arrêt de la croissance de l'endettement ou et c'est pareil Déficit Budgétaire ZERO.