Chtchoukine, collectionneur insatiable et insaisissable

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Paul Gauguin: Eihaohipa ne travaille pas (1896)
Paul Gauguin: Eihaohipa ne travaille pas (1896)

La Fondation Louis Vuitton réunit cent trente toiles, signées Picasso, Matisse ou Gauguin, achetées par le mécène russe, dont la frénésie et l’indépendance d’esprit continuent de fasciner.

C’est pour le moins étrange : voici une exposition immense et splendide dédiée à la gloire d’un homme, Sergueï Chtchoukine, qui reste insaisissable une fois l’exposition parcourue et son épais catalogue consulté.

Son nom est désormais connu bien au-delà des amateurs et des historiens. En grande pompe et grand bruit médiatique, voici accrochées cent trente toiles qu’il a choisies, presque toutes à Paris, entre 1898 et 1914 : Claude Monet, Paul Cézanne, Vincent van Gogh, Paul Gauguin, Henri Matisse, Pablo Picasso et d’autres, un peu moins célébrissimes mais tout de même remarquables, dont Paul Signac et André Derain.

Le parcours est complété par une trentaine d’œuvres des avant-gardes russes – Kasimir Malevitch, Ivan Klioune, Vladimir Tatline – afin de rappeler combien a été influente la présence de ces toiles, que leur possesseur montrait volontiers.

Il y a là trois ensembles tout à fait uniques au monde : ses Gauguin d’Océanie, ses Picasso de 1908, ses Matisse du début des années 1910. Ce sont trois séries longues, denses et cohérentes. Elles n’ont pu être constituées que par un homme qui avait accédé à une réelle compréhension de ces artistes en un temps où ils étaient très généralement méconnus ou raillés. Ses choix en matière de Monet sont aussi précis et, quand il acquiert un Signac, il s’arrête sur un des chefs-d’œuvres de l’artiste. Même remarque à propos du Douanier Rousseau.

Fils d’un commerçant prospère La réunion de tant de toiles prestigieuses venues de Moscou ...

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