CHRONOLOGIE de la crise en Ukraine

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KIEV, 12 février (Reuters) - Chronologie de la crise en Ukraine. NOVEMBRE 2013-FEVRIER 2014 LA CHUTE DE VIKTOR IANOUKOVITCH Le 21 novembre 2013, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch annonce la suspension des discussions menées depuis des mois avec l'Union européenne en vue de signer un accord de commerce et d'association. Sa volte-face provoque des manifestations de colère à Kiev, où les pro-Européens se rassemblent sur la place de l'Indépendance et accusent le chef de l'Etat d'avoir cédé aux pressions de la Russie. C'est le début du mouvement de "Maïdan". Après un répit durant les fêtes de fin d'année, les contestataires sont de retour sur la place de l'Indépendance le 12 janvier 2014. Entre le 18 et le 20 février, Kiev bascule dans la violence. On dénombre quelque 80 morts. C'est dans ce contexte que trois ministres européens des Affaires étrangères, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier et le Polonais Radoslaw Sikorski, arrivent à Kiev pour tenter une mission de médiation qui aboutit à la signature d'un accord de sortie de crise avec élection présidentielle anticipée, révision de la Constitution et formation d'un gouvernement d'union nationale. Mais le 22 février, les événements connaissent une brutale accélération. Ianoukovitch fuit Kiev, un nouveau pouvoir se met en place avec l'annonce d'une élection présidentielle pour le printemps suivant. MARS 2014-FEVRIER 2015 DE L'ANNEXION DE LA CRIMEE A LA GUERRE DANS L'EST Le 4 mars, s'exprimant pour la première fois en public depuis la chute de Ianoukovitch, Vladimir Poutine déclare que le changement de pouvoir intervenu en Ukraine est un "coup d'Etat anticonstitutionnel" et annonce que la Russie se réserve le droit de recourir à toutes les options disponibles, y compris la force en dernier ressort. 16 mars - Les électeurs de Crimée se prononcent à 96,77% en faveur du rattachement à la Fédération de Russie. Deux jours plus tard, Poutine signe le traité ratifiant l'annexion. 6 avril - Dans l'Est russophone de l'Ukraine, des manifestants pro-russes prennent le siège des gouvernements régionaux à Donetsk et Kharkiv ainsi que le quartier général des services de sécurité (SBU) à Louhansk. Des événements similaires se déroulent les jours suivants à Slaviansk, Kramatorsk, Marioupol. Le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov, dénonce un "acte d'agression de la Russie". 2 mai - Des affrontements entre militants pro-russes et partisans de l'unité ukrainienne dégénèrent à Odessa, sur la mer Noire. Une trentaine de militants pro-russes meurent dans l'incendie de la Maison des syndicats. 11 mai - Référendums d'autodétermination dans l'Est. Les séparatistes annoncent la victoire du "oui" par 89% dans la "république populaire de Donetsk" et 96% dans la "république populaire de Louhansk". 25 mai - Petro Porochenko, ancien ministre ayant fait fortune dans la confiserie, remporte dès le premier tour l'élection présidentielle ukrainienne, dont les séparatistes ont largement perturbé le déroulement dans l'Est. Il annonce vouloir rencontrer rapidement les dirigeants russes et se dit prêt au dialogue avec les séparatistes qui renonceraient aux armes. Dans l'est, les combats se poursuivent. 6 juin - François Hollande, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko se rencontrent brièvement en marge des cérémonies du 70e anniversaire du débarquement de Normandie. Ce premier entretien dans le "format Normandie" amorce un dialogue entre Kiev et Moscou et pose les bases d'un cessez-le-feu dont les modalités, précise la présidence française, seront discutées dans les jours à venir. 20 juin - Les autorités ukrainiennes proclament une trêve unilatérale d'une durée d'une semaine. 27 juin - Porochenko signe l'accord d'association et de stabilisation avec l'UE. 1er juillet - Les autorités ukrainiennes reprennent la "phase active" de leurs opérations militaires contre les séparatistes pro-russes. Porochenko dénonce les "activités criminelles" des rebelles qui, dit-il, ont fait échouer son plan de paix. 17 juillet - Le vol MH17 de la Malaysia Airlines s'écrase dans l'est de l'Ukraine avec 295 personnes à bord. Kiev accuse les rebelles pro-russes d'avoir abattu le Boeing 777 à l'aide d'un missile sol-air. 26 août - Poutine et Porochenko se retrouvent à Minsk, la capitale biélorusse. Une "feuille de route" va être élaborée pour parvenir à un cessez-le-feu, annonce le président ukrainien à l'issue de cette entrevue. 5 septembre - Réunis à Minsk sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), des représentants de l'Ukraine, de la Russie et des séparatistes signent le Protocole de Minsk, plan de sortie de crise en douze points qui appelle à une cessation immédiate des combats. La trêve n'entrera jamais véritablement en vigueur. 26 octobre - Les partis pro-européens arrivent largement en tête des élections législatives en Ukraine. 23 décembre - Le parlement ukrainien vote en faveur du renoncement au statut non aligné de l'Ukraine et de démarches pour adhérer à l'Otan. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, déplore une décision qui "ne fera qu'aggraver la confrontation". 29 décembre - Porochenko annonce la tenue d'un nouveau sommet en "format Normandie" le 15 janvier au Kazakhstan. Mais la dégradation de la situation sur le terrain, notamment dans le secteur de l'aéroport de Donetsk, va conduire au report de cette rencontre. 23 janvier - Le leader séparatiste Alexander Zakhartchenko exclut de négocier un cessez-le-feu avec Kiev et assure que les rebelles pro-russes avanceront jusqu'aux limites administratives de la région de Donetsk. A Genève, les Nations unies estiment que le conflit a fait plus de 5.000 morts depuis avril. 24 janvier - Les séparatistes bombardent la ville portuaire de Marioupol, tenue par l'armée gouvernementale, faisant au moins 30 morts. 5/6 février - Merkel et Hollande se rendent successivement à Kiev et à Moscou pour lancer une nouvelle initiative diplomatique. 12 février - Après 17 heures de négociations à Minsk, Vladimir Poutine, Petro Porochenko, François Hollande et Angela Merkel signent une déclaration commune réaffirmant la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine et endossant un "paquet de mesures" pour mettre en oeuvre le protocole de Minsk du 5 septembre 2014 et son mémorandum de suivi du 19 septembre. (Gabriela Baczynska et Pavel Polityuk; Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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