CHRONOLOGIE-De l'accord de cessez-le-feu de Genève à la bataille d'Alep

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    PARIS, 15 octobre (Reuters) - Sergueï Lavrov et John Kerry 
se retrouvent ce samedi à Lausanne pour une réunion 
multilatérale sur le conflit syrien, trois semaines après 
l'échec de leur trêve négociée bilatéralement. 
    La Russie n'attend "rien de spécial" de cette réunion à 
laquelle seront aussi représentés la Turquie, le Qatar, l'Arabie 
saoudite et l'Iran.   
    Retour sur les événements ayant mené de l'accord de 
cessez-le-feu de Genève à la bataille d'Alep. 
     
    DANS LA NUIT DU 9 AU 10 SEPTEMBRE - Réunis à Genève, John 
Kerry et Sergueï Lavrov parviennent à un accord visant à 
relancer le processus de paix en Syrie en instaurant une trêve, 
en ménageant un accès humanitaire et en visant conjointement les 
groupes islamistes. 
    "Cela crée les conditions nécessaires pour la reprise du 
processus politique qui est à l'arrêt depuis longtemps", dit le 
ministre russe des Affaires étrangères. 
    Le plan "nécessite de cesser toutes les attaques, notamment 
les bombardements aériens, et toutes les tentatives de gagner du 
terrain aux dépens d'autres parties de l'accord de cessation. Il 
requiert un accès humanitaire sans obstacle, durable à toutes 
les zones assiégées et difficiles d'accès, dont Alep". 
  
     
    12 SEPTEMBRE - L'état-major de l'armée syrienne annonce que 
la trêve entre en vigueur pour une durée de sept jours dans 
toute la Syrie à compter de 19h00 locales mais se réserve 
cependant le droit de riposter à toute violation du 
cessez-le-feu.   
    Dans les jours qui suivent, la trêve semble tenir mais 
apparaît de plus en plus fragile, les parties impliquées dans la 
guerre civile syrienne s'accusant mutuellement de violations. 
     
    17 SEPTEMBRE - Des frappes aériennes de la coalition mise en 
place par les Etats-Unis tuent entre 60 et 90 soldats de l'armée 
syrienne dans le secteur de Daïr az Zour, dans le nord-est de la 
Syrie. Le Pentagone plaide l'erreur de cible. Moscou et Damas 
jugent que ces frappes compromettent la trêve.   
     
    19 SEPTEMBRE - L'armée syrienne annonce la fin de la 
"période de cessez-le-feu" et reprend aussitôt ses bombardements 
aériens.   
    Dans la soirée un convoi d'aide humanitaire des Nations 
unies est bombardé près d'Alep par des avions militaires syriens 
ou russes, selon l'Onu.   L'attaque fait au moins 20 
morts. Moscou dément toute implication.   
     
    21 SEPTEMBRE - Les combats reprennent à Alep et Hama, 
principaux fronts de la guerre civile. 
    A New York, où se tient l'Assemblée générale annuelle des 
Nations unies, la diplomatie française propose un nouveau 
mécanisme de surveillance d'un éventuel nouveau cessez-le-feu 
impliquant un groupe élargi de pays, et non plus seulement les 
Etats-Unis et la Russie.   
     
    22 SEPTEMBRE - Alors qu'un déluge de feu d'une intensité 
sans précédent depuis des mois s'abat sur les quartiers 
contrôlés par la rébellion à Alep  , l'armée 
syrienne, appuyée militairement par la Russie, annonce le 
lancement d'une offensive pour reprendre le dernier grand centre 
urbain tenu par les insurgés. 
     
    23 SEPTEMBRE - Les discussions diplomatiques sont dans 
l'impasse à New York. "Alep ne peut pas être le Guernica du XXIe 
siècle", martèle le chef de la diplomatie française, Jean-Marc 
Ayrault.  
    De son côté, Sergueï Lavrov estime qu'il est "temps de tirer 
les leçons du passé" pour éviter que "la Syrie ne bascule dans 
la catastrophe". "En grande partie grâce à l'assistance 
militaire russe au gouvernement légitime syrien en réponse à la 
requête de ce dernier, il a été possible d'éviter l'effondrement 
de l'Etat et la dislocation du pays sous la pression de 
terroristes", dit-il à la tribune des Nations unies. 
  
     
    25 SEPTEMBRE - Samantha Power, l'ambassadrice des Etats-Unis 
à l'Onu, affirme que l'engagement militaire russe aux côtés du 
régime de Damas relève de la barbarie et non pas de la lutte 
contre le terrorisme.   A Paris, Jean-Marc Ayrault 
appelle Moscou à ne pas être complice de "crimes de guerre" à 
Alep.   
     
    29 SEPTEMBRE - John Kerry déclare que les Etats-Unis sont 
sur le point de suspendre leurs discussions avec la Russie sur 
la Syrie "car, explique-t-il, il est absurde, tandis qu'ont lieu 
de tels bombardements, de continuer à négocier pour aborder les 
choses sérieusement".   
     
    3 OCTOBRE - Accusant Moscou de ne pas se conformer à ses 
engagements, les Etats-Unis annoncent la suspension des 
discussions avec la Russie sur la Syrie. Le ministère russe des 
Affaires étrangères fait part de ses "regrets".   
     
    6 OCTOBRE - L'envoyé spécial des Nations unies pour la 
Syrie, Staffan de Mistura, se dit prêt à se rendre dans les 
quartiers d'Alep-Est pour escorter hors de la ville le millier 
de combattants djihadistes qui s'y trouveraient afin de faire 
cesser les bombardements russes et syriens.  
    Le diplomate italo-suédois laisse entendre que la présence 
des 900 combattants de l'ex-Front al Nosra, qui se fait 
désormais appeler Front Fatah al Cham, dans les zones sous 
contrôle insurgé de la ville, offre un "alibi facile" à 
l'entreprise de destruction de ces quartiers par les forces 
pro-gouvernementales.   
    De son côté, Ayrault se rend à Moscou pour redire "les yeux 
dans les yeux" à Lavrov que nul ne peut tolérer les événements 
en cours à Alep. 
     
    8 OCTOBRE - La Russie met son veto au Conseil de sécurité 
des Nations unies à un projet de résolution présenté par la 
France qui appelait à un arrêt immédiat des bombardements et à 
l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne sur Alep, la 
grande ville du nord de la Syrie. 
    Un texte soumis parallèlement par la représentation 
diplomatique russe à l'Onu n'obtient pas un nombre suffisant de 
voix pour être adopté.   
     
    13 OCTOBRE - Selon le Bureau de la coordination des affaires 
humanitaires de l'Onu (Ocha), 406 personnes sont mortes et 1.384 
ont été blessées à Alep-Est entre le 23 septembre et le 8 
octobre. Dans la partie ouest tenue par le gouvernement, visée 
par les obus des insurgés, 91 personnes, dont 18 enfants, ont 
été tués dans le même temps. 
 
 (Bureaux de Reuters; édité par Henri-Pierre André) 
 
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  • charleco il y a 2 mois

    Les Usa ne veulent pas que leurs protégés terroristes se fassent écraser, donc, il faut une nouvelle trêve pour les réarmer. On comprend que Poutine fasse la sourde oreille.