CHRONOLOGIE-Cinquante-six ans de coups d'Etat et de complots en Turquie

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    ANKARA, 16 juillet (Reuters) - Voici un rappel chronologique 
des coups d'Etat et complots qui ont rythmé l'histoire de la 
Turquie au cours des cinquante-six dernières années:  
     
    1960 
    * Le 2 mai, un coup d'Etat est mené pratiquement sans 
effusion de sang par des officiers et cadets des écoles de 
guerre d'Istanbul et Ankara.  
    * Le lendemain, le chef de l'armée de terre, le général 
Cemal Gursel, réclame des réformes politiques et démissionne de 
ses fonctions quand ses exigences sont rejetées.  
    * Les putschistes établissent un comité d'union nationale de 
38 membres avec Gursel à sa tête. Sur 601 personnes jugées par 
les militaires, 464 sont reconnues coupables. Trois anciens 
ministres, dont le Premier ministre Adnan Menderes, sont 
exécutés et douze autres, dont le président Celal Bayar, voient 
leurs condamnations à mort commuées en peines de prison à vie. 
     
    1971 - Le putsch "par mémorandum" 
    * L'armée exige du gouvernement qu'il rétablisse l'ordre 
après des mois de grèves et d'affrontements dans les rues entre 
l'extrême gauche et l'extrême droite. Quelques mois plus tard, 
le Premier ministre Suleyman Demirel démissionne et une 
coalition d'hommes politiques conservateurs et de technocrates 
se charge de rétablir l'ordre sous la surveillance des 
militaires. La loi martiale est établie dans plusieurs provinces 
et ne sera pas complètement levée avant septembre 1973.  
     
    1980  
    * Le 12 septembre 1980, le haut commandement de l'armée 
dirigé par le général Kenan Evren mène un coup d'Etat après de 
nouveaux affrontements de rue entre gauchistes et nationalistes. 
De hauts responsables politiques sont arrêtés. Parlement, partis 
politiques et syndidats sont dissous. Un Conseil de sécurité 
nationale de cinq membres prend le contrôle du pays, suspend la 
Constitution et met en oeuvre une Constitution provisoire qui 
donne des pouvoirs quasi illimités aux militaires. 
     
    1997 - Le coup d'Etat "post-moderne"  
    * Le 18 juin 1997, le Premier ministre Necmettin Erbakan, en 
qui l'opposition voit une menace contre la laïcité, démissionne 
sous la pression de l'armée, des milieux d'affaires, de la 
justice et d'une partie de la classe politique. Les généraux 
s'estiment en droit d'être intervenus au nom de la défense de 
l'Etat laïque fondé par Mustafa Kemal Atatürk. 
     
    2007 
    * Le nom d'Ergenekon, un groupe clandestin, apparaît pour la 
première fois avec la découverte d'une cache d'explosifs lors 
d'une opération de police à Istanbul. Des centaines de personnes 
se retrouveront pas la suite jugées pour tentative de coup 
d'Etat contre Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, et 275 
officiers, journalistes, avocats et autres professions seront 
reconnus coupables.  
    * Les verdicts ont tous été annulés cette année par une cour 
d'appel qui a déclaré qu'aucune preuve de l'existence du réseau 
Ergenekon n'avait été apportée. Erdogan, qui est devenu 
président en 2014, a dans un premier temps soutenu les 
poursuites mais par la suite accusé des partisans du prédicateur 
Fethullah Gülen, ancien allié devenu sa bête noire, d'avoir 
monté de toutes pièces cette conspiration.  
     
    2010 
    * Un journal dévoile un complot laïque baptisé "Masse" qui 
remonterait à 2003, visant à créer le chaos social afin de 
renverser le gouvernement Erdogan. En 2012, un tribunal a 
condamné à des peines d'emprisonnement 300 des 365 prévenus. 
Deux ans plus tard, la plupart des condamnés ont été libérés 
après que la Cour constitutionnelle a estimé que leurs droits 
avaient été violés. A nouveau, les partisans de Gülen ont été 
accusés d'avoir fabriqué cette affaire, ce qu'ils démentent.  
 
 (Andrew Heavens, Ayla Jean Yackley; Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français) 
 
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