Christophe de Margerie tué dans un accident d'avion à Moscou

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CHRISTOPHE DE MARGERIE, PDG DE TOTAL, MEURT DANS UN ACCIDENT D'AVION
CHRISTOPHE DE MARGERIE, PDG DE TOTAL, MEURT DANS UN ACCIDENT D'AVION

par Vladimir Soldatkin et Marine Pennetier

MOSCOU/PARIS (Reuters) - Le président directeur général de Total Christophe de Margerie a trouvé la mort lundi soir dans l'accident de son jet privé au décollage de l'aéroport Vnukovo de Moscou, ont annoncé les responsables de l'aéroport russe et le groupe pétrolier.

Selon la porte-parole de l'aéroport moscovite, Elena Krilova, le Falcon 50 de Dassault Aviation transportant Christophe de Margerie a heurté un chasse-neige alors qu'il s'apprêtait à décoller à destination de Paris peu avant minuit (heure locale).

"Total confirme avec une grande émotion et une profonde tristesse que son Président-directeur général Christophe de Margerie est décédé cette nuit peu après 22h (20h00 GMT lundi) dans un accident d'avion à l'aéroport Vnukovo de Moscou, à la suite d'une collision avec un engin de déneigement", a réagi le groupe dans un bref communiqué.

Le crash a fait quatre morts, dont les trois membres d'équipage du Falcon.

Alors qu'une tempête de neige s'était abattue sur Moscou, la visibilité au moment du décollage était de 350 mètres, ont indiqué les autorités aéroportuaires dans un communiqué.

L'Autorité de l'aviation civile russe a ouvert une enquête pour déterminer les causes de la collision avec la déneigeuse.

"La France perd un grand capitaine d'industrie et un patriote", a réagi dans un communiqué le Premier ministre Manuel Valls, saluant en Christophe de Margerie "un dirigeant d'entreprise hors du commun qui a su transformer Total pour en faire un géant mondial".

"Il avait notamment préparé l'avenir de l'entreprise, en l'orientant vers les énergies du futur."

Christophe de Margerie, 63 ans, avait participé lundi à une réunion sur l'investissement étranger organisée par le gouvernement russe à Gorki, près de Moscou.

Reconnaissable à sa moustache, le PDG de Total, une société dans laquelle il a fait toute sa carrière et dont il était devenu directeur général en 2007, puis PDG en 2010, était unanimement reconnu pour sa compétence et sa connaissance des métiers du pétrole.

"Il aurait pu être le roi du brut (champagne) il a choisi à la place d'être le roi du brut (pétrole)", a dit un jour Pierre-Emmanuel Taittinger au sujet de son cousin.

Né le 6 août'51, marié et père de trois enfants, diplômé de l'Institut universitaire de technologie et de l'Ecole supérieure de commerce de Paris ("Sup de co"), Christophe de Margerie était entré en'74 chez Total, dont il avait par la suite gravi tous les échelons.

SUCCESSION EN INTERNE?

Bon vivant, apprécié pour son humour par ses collaborateurs, il a souvent été présenté par son prédécesseur Thierry Desmarest comme "M. Moyen-Orient", une région dont il a eu la charge dans les années'90.

C'est à ce titre qu'il avait passé en décembre 2006 soixante-quatre heures en garde de vue dans le cadre de l'enquête menée sur des commissions occultes versées lors du programme "Pétrole contre nourriture" mis en place par l'Onu en Irak à la suite de la première guerre du Golfe.

Poursuivi pour complicité d'abus de biens sociaux au préjudice de Total, il avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris en juillet 2013.

En mai dernier, alors que les actionnaires de Total avaient accepté de repousser la limite d'âge du président du groupe de 65 à 70 ans et celle du directeur général de 65 à 67 ans, lui permettant d'être reconduit dans ses fonctions, il avait annoncé qu'il préparait sa succession et que son dauphin serait choisi en interne.

"Je fais le nécessaire pour que, le jour venu, le conseil puisse choisir et annoncer le nom de mon successeur", avait-il dit lors d'un entretien accordé au site d'informations La Tribune.

"Dans la culture Total, ce sera quelqu'un du groupe", avait-il ajouté, se disant favorable à "une transition en douceur" mais ne souhaitant pas dire s'il avait un dauphin en tête.

Les noms de Philippe Boisseau, directeur général de la branche marketing & services, et de Patrick Pouyanné, patron de la branche raffinage-chimie, tous deux membres du comité exécutif de Total, ont souvent été évoqués.

Total est la deuxième plus grosse société du CAC 40, avec une capitalisation boursière de 102 milliards d'euros, et le quatrième groupe pétrolier mondial derrière Exxon, Royal Dutch Shell et Chevron.

Lundi, l'action Total a clôturé en baisse de 2,75% à 42,94 euros à la Bourse de Paris.

(Tangi Salaün et Matthieu Protard pour le service français, édité par Véronique Tison)

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  • M1531771 le mardi 21 oct 2014 à 07:51

    Oui...un accident !