Christophe Crémer : « La déduction des intérêts immobiliers n’aura aucun effet sur la capacité d’emprunt des ménages »

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La déduction des intérêts immobiliers annoncée par le gouvernement va créer une demande supplémentaire de prêts en renforçant la confiance des acquéreurs au détriment des locataires. Le PDG de Meilleurtaux estime que l’impact sera plus psychologique que financier, les prix immobiliers étant toujours croissants et les taux d’intérêts étant appelés à augmenter.
 
Effet psychologique. Les mesures fiscales sur les intérêts des emprunts immobiliers qui seront soumises au parlement dès juillet vont « générer une nouvelle demande sans donner aux particuliers des moyens financiers supplémentaires » estime Christophe Crémer. En effet, la mesure n’aura « aucun effet sur la capacité d’emprunt des ménages, calculée par les banques comme le ratio entre les mensualités et le revenu net du ménage » explique t-il. Les avantages fiscaux joueront plutôt « un effet psychologique pour les acquéreurs en leur apportant la certitude d’un avantage financier par rapport aux locataires ».

Un impact insuffisant. Les mesures annoncées permettraient d’obtenir un crédit d’impôt de 20% des intérêts d’un emprunt immobilier pendant les cinq premières années de remboursement. Ce crédit sera plafonné à 1 500 euros pour un couple, plus 100 euros par personne à charge. Il sera appliqué aussi bien aux primo accédants qu’aux propriétaires ayant contractés un emprunt il y a moins de cinq ans. Selon les estimations de Meilleurtaux, les avantages fiscaux pour un emprunt de 150 000 euros sur 20 ans à 4% permettraient alors d’économiser sur cinq ans 7 500 euros d’intérêts (plafonds atteints), soit « une baisse de 1, 20% du taux d’intérêt sur cinq ans ». Cet avantage permettra « d’absorber la hausse des taux depuis le début de l’année 2006 » juge Christophe Crémer.

Durcissement. Mais les hausses attendues de taux d’intérêts et des prix immobiliers l’emporteront certainement sur les soustractions des déclarations d’impôts. Les banques qui ont tardé à relever leurs taux sous la pression de la concurrence, devraient tenir compte des conditions de refinancement qui se durcissent sur les marchés financiers. « Le différentiel de taux entre l’OAT (indicateur de référence pour les prêts immobiliers à taux fixe à 10 ans) et le taux de prêt immobilier à 15 ans s’établit en moyenne à 0.33% sur les cinq premiers mois de l’année contre 0.23% en 2006 et 0.05% en 2005 » indique Meilleurtaux. Pour le courtier, les taux d'intérêts des prêts à taux fixes devraient rester relativement bas, entre 3.30 et 4.50% en 2007 et les taux d’intérêt des prêts à taux révisables pourraient atteindre environ 5.70 % pour les trois prochaines années.
 
Thibaud Vadjoux
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