Christine Lagarde et le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, le 21 juin 2012 à Luxembourg

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L'option de recapitaliser directement les banques espagnoles, sans passer par l'Etat, est sur la table, a indiqué vendredi le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos, quelques heures après un appel en ce sens lancé par la directrice du FMI, Christine Lagarde."C'est une option ouverte en ce qui concerne l'Espagne", a affirmé M. De Guindos à son arrivée à une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.L'idée de recapitaliser directement les banques espagnoles en passant par le fonds de sauvetage de la zone euro FESF puis son successeur, le Mécanisme européen de stabilité, bute notamment sur les réticences de Berlin.Le gouvernement allemand s'y oppose et ne manque pas de rappeler que le mécanisme en vigueur prévoit que les banques en manque de capital s'adressent d'abord à leurs actionnaires, puis au gouvernement de leur pays, et que celui-ci, en dernière instance, se tourne vers le FESF ou le MES.La zone euro a promis à Madrid un plan de sauvetage pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros pour ses banques, et sans plan d'austérité en échange. Mais un recours de l'état espagnol au FESF ou au MES pour aider ses établissements de crédit en difficulté alourdirait la dette du pays, ce que Madrid cherche à éviter.Selon deux rapports d'audit rendus publics jeudi soir, les banques espagnoles auront besoin d'un maximum de 62 milliards d'euros, soit moins que l'enveloppe de 100 mds EUR proposée par l'union monétaire.La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a exhorté jeudi soir la zone euro à aider ses banques les plus fragiles via une recapitalisation directe."Cela aiderait à mettre fin à la contagion entre crise bancaire et crise souveraine", a-t-elle estimé.A court terme également, la directrice du FMI a plaidé pour une politique monétaire "plus inventive" et "plus créative" de la Banque centrale européenne."Si nécessaire, il faut avoir recours à des mesures non conventionnelles", a-t-elle avancé, citant notamment le programme de rachats d'obligations d'Etat en difficulté de la BCE (en sommeil depuis mi-mars) ou de nouvelles opérations de prêts illimités aux banques.

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