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    Boursorama le 10/07/2012 à 10:30
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    Christian Parisot (Aurel BGC): « Pour les marchés, le plus dur reste à faire en Europe »


    La saison des résultats trimestriels s’ouvre dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale qui éprouve plus durement une Europe qui n’a toujours pas réussi à convaincre les marchés selon Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC.

    L’euphorie suite aux annonces du dernier sommet européen n’a pas duré. Pourtant, le FESF/MES aura la possibilité de recapitaliser directement les banques et une union bancaire se met peu à peu en place au niveau européen. Qu'attendent les marchés désormais ?

    Christian Parisot : Le dernier sommet a permis d’entériner de grandes idées pertinentes mais les modalités pratiques ne sont pas trouvées. Le MES va recapitaliser les banques mais il n’est pas encore entré en service et la question de la garantie des Etats n’a pas été tranchée. L’idée de rompre le lien entre les Etats et les banques et de faire remonter ce risque systémique, trop grand pour chaque Etat, au niveau européen était pertinente. Mais des interrogations subsistent : quid de l’instauration au préalable d’un organisme de contrôle et de supervision bancaire ? De même, le MES a-t-il vocation, une fois dans le capital des banques, à intervenir dans la gestion des établissements ciblés ? L’union bancaire européenne ne se mettra pas en place en quelques jours. Les marchés ont donc pris acte des intentions mais le plus dur reste à faire. D’autant que certaines déclarations des dirigeants néerlandais et finlandais ont semé le trouble en fin de semaine sur la volonté des Européens à faire cause commune.

    Les marchés ne seraient donc pas encore convaincus de la bonne volonté des Européens à sauver l’euro ?

    C.P : Il y a toujours des doutes quand des engagements solennels sont parasités quelques jours plus tard par des déclarations discordantes. Or, le temps presse mais les grandes décisions ont été repoussées au sommet de l’Eurogroupe du 20 juillet au lieu de la date du 9 d’abord évoquée. En attendant, les investisseurs nagent dans le scepticisme. A cet égard, la publication des chiffres de l’emploi américain vendredi dernier est éclairante. Ils ont déçu le marché mais c’est l’euro qui a baissé par rapport au dollar car la zone euro présente un risque souverain réel. Pour les investisseurs, il y a déjà eu un précédent avec la Grèce dont une partie de la dette a été annulée. Une dégradation de la conjoncture mondiale frapperait plus durement l’Europe que les Etats-Unis.

    Vous avez évoqué pour commenter la réunion de la BCE de jeudi dernier un « coup d’épée dans l’eau » après la décision de Mario Draghi de baisser les taux directeurs et surtout de ne plus rémunérer la facilité de dépôt. Après les deux LTRO et ces initiatives, que peut-on attendre de la BCE désormais ?

    C.P : Plus qu’un nouveau programme de LTRO qui a montré ses limites, la BCE devrait réactiver son programme de rachats de dettes souveraines mais pas forcément dans l’immédiat. Elle utilisera cette arme si et seulement si les Européens ont réalisé des efforts significatifs dans la gestion de leurs finances publiques.

    Août 2011 a marqué le retour de la panique et la chute des Bourses mondiales. Que peut attendre un investisseur au cours de l’été qui commence ?

    C.P : Le mois de juillet sera difficile et les marchés devraient subir encore beaucoup de volatilité. Nous entrons dans la période de publication des résultats trimestriels et l’on s’attend à des chiffres exécrables. Une baisse brutale des Bourses qui ont anticipé cette dégradation des résultats est donc peu probable. En revanche, le discours des entreprises va être surveillé de près. Il est à craindre que les managements, faute de visibilité, ne donnent pas de « guidance » précises. Même dans le secteur des valeurs technologiques que nous recommandions pour leurs perspectives de croissance, il y a eu des profit warning ! Nous sommes entrés dans une phase de dégradation structurelle de l’économie mondiale.

    Dans ce contexte dégradé, quelle stratégie recommandez-vous ?

    C.P : A court terme, je recommanderais la prudence. Il faut couvrir ses positions mais il pourrait être judicieux de renforcer son exposition aux marchés actions à partir de la fin du troisième trimestre. L’activité en provenance des pays émergents pourrait connaitre une amélioration. Le pouvoir chinois ne laissera pas l’économie ralentir trop violemment et dispose des moyens nécessaires pour relancer la machine. Si l’économie chinoise se redresse, l’Allemagne en profitera et derrière elle la plupart des pays européens.

    Propos recueillis par Julien Gautier

     

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    • lrebir il y a 10 mois

      Bof....

    • fredgues il y a 10 mois

      C Parisot : l'un des rares commentateurs-analystes des marchés qui sait de quoi il parle , et surtout qui a appris la prudence et la modestie en matiere de prospective .Ca nous change des Touati , Fiorantino et autres Petit....plus a ranger au rayon des amuseurs publics et qui jouent "les importants" !

    • s.boinon il y a 10 mois

      M4312421 > Normal la CSG est plus 'indolore' au yeux des français car elle ne touche pas la consommation mais les revenus du travail (pension de retraite inclue quoique minorée par rapport à celle perçue sur les salaires) et du patrimoineSachant que 1pt de hausse de CSG ramène 10 à 11mds d'euro de recette sup contre 7 à 8 mds d'euro de recette sup pour 1pt de hausse de TVA dixit N.Doze sur BFM, c'est tout bénef pour le gvt en place pour boucler le budget 2012 sans parler de celui de 2013...

    • f.fluidi il y a 10 mois

      "A court terme, je recommanderais la prudence." Il se mouille pas trop..."Il faut couvrir ses positions mais il pourrait être judicieux..." Même quand tout va bien, il faut se couvrir...." L’activité en provenance..pourrait ." J'aime bien le "pourrait""Le pouvoir chinois ne laissera pas l’économie ralentir trop t..." : Le gvt chinois est pense à ce que ses sujets ne souffre pas trop...Quand on a si peu de chose à dire, on ferme sa gue....

    • M4312421 il y a 10 mois

      Voilà une analyse pondérée et intelligente Ca change d'Hier... mais les "politiques" vont ils se ressaisir notamment la FRANCE qui ne voit son salut que dans les impôts jamais dans des réformes sérieuses Retraites publiques un injustice flagrante et couteuse Baisse du Nb de fonstionnaire refusée. Gachis des collectivités locales et SECU 33 milliards sont trouvables mais on va à la place augmenter la CSG... et il y a pire que la France (sauf notre record du monde des prélèvements)


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