Christian Noyer prône une grande réforme du marché du travail

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Christian Noyer prône une grande réforme du marché du travail
Christian Noyer prône une grande réforme du marché du travail

PARIS (Reuters) - La Banque de France interpelle jeudi les responsables politiques et les partenaires sociaux en désignant la réforme du marché du travail, sur laquelle le nouvel exécutif n'a quasiment rien dit, comme la réforme prioritaire pour l'économie française.

Son gouverneur, Christian Noyer, plaide dans un entretien au journal Le Monde pour un rapprochement des contrats de travail, l'allègement des réglementations et une plus grande place pour les accords de branches et d'entreprises, des thèmes évités par les socialistes pendant les récentes campagnes électorales.

Le gouvernement a confié aux syndicats et aux organisations patronales le soin de réfléchir à ces thèmes dans le cadre de la conférence sociale des 9 et 10 juillet qui doit lancer certains grands chantiers du quinquennat.

"En France, le plus important est de s'attaquer aux racines du chômage structurel", déclare Christian Noyer. "La grande réforme à faire est celle du marché du travail, qui laisse trop de gens dans la précarité et décourage les entreprises d'embaucher."

"Il faut rapprocher les différents contrats de travail et, en ce qui concerne les conditions d'emploi, avoir moins de réglementations et donner plus d'espace aux accords de branche ou d'entreprise", poursuit le gouverneur de la Banque de France, citant en exemple l'Allemagne et le Danemark.

Une telle réforme est également conseillée à la France par des organisations comme le Fonds monétaire international (FMI) ou l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

LE CONTEXTE D'UN CHÔMAGE ÉLEVÉ

Les travaux de la conférence sociale sur l'emploi seront pilotés par le ministre du Travail, Michel Sapin, qui souhaitait dans un livre publié avant l'élection présidentielle la mise en place d'une "dialectique subtile et dynamique entre accords de branches, d'entreprises, et législation générale".

"Il s'agit de changer quelque chose de très profond : conserver la supériorité de la loi, garante de l'ordre public social, mais inscrire les accords conventionnels entre partenaires sociaux dans notre ordonnancement juridique actuel", ajoutait-il.

L'organisation patronale Medef insiste pour que les accords dits de compétitivité-emploi, par lesquels il serait possible de moduler largement le temps de travail et les rémunérations, figure en bonne place dans les discussions.

Face aux difficultés des entreprises françaises, ces accords "sont plus que jamais absolument nécessaires", déclarait récemment sa présidente Laurence Parisot. Le gouvernement précédent avait dit son intention de les généraliser.

François Hollande et le nouveau gouvernement se sont montrés très discrets sur l'idée de rapprocher les différents types de contrat de travail, dont l'objectif est d'abattre la frontière entre des salariés en contrat à durée indéterminée très protégés et ceux en contrat temporaire ou en intérim.

Sitôt élu, Nicolas Sarkozy avait abandonné l'idée de créer un contrat de travail unique qu'il avait brandie pendant sa campagne pour l'Elysée.

Ces recommandations de Christian Noyer interviennent alors que le nombre de demandeurs d'emploi a très fortement augmenté au mois de mai, progressant pour le 13e mois consécutif.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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