Christian Mouhanna : "Le gouvernement utilise la police à des fins politiques"

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Des policiers manifestent pour dénoncer un manque de moyens et contre le port d'un matricule sur leurs uniformes depuis le 1er janvier, devant l'hotel de police de Toulouse.
Des policiers manifestent pour dénoncer un manque de moyens et contre le port d'un matricule sur leurs uniformes depuis le 1er janvier, devant l'hotel de police de Toulouse.

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, les policiers sont de plus en plus sollicités. Dans un contexte d'état d'urgence et de risque d'attentats, les forces de l'ordre doivent assurer la sécurité de l'Euro, des manifestations, et sont confrontées à la violence des casseurs. Directeur du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) et chercheur au CNRS, Christian Mouhana décrit le « ras-le-bol des policiers ».

Le Point.fr : Les policiers sont-ils vraiment au bout du rouleau ?

Christian Mouhana : Il ne faut pas tout mélanger. Il y a un ras-le-bol structurel au sein de la police, comme dans tous les services publics victimes de coupes budgétaires et de méthodes de management productivistes venues des États-Unis. Mais c'est vrai qu'il y a un contexte particulier qui augmente ce ras-le-bol. Avec 85 % environ d'opinions positives, la police est une des professions les plus aimées par la population. Pourtant, quand vous parlez à des policiers, ils n'ont pas l'impression d'être aimés. Après les attentats de Charlie Hebdo, on a eu l'impression que ça allait mieux. Mais depuis, les choses ont changé. C'est parce que dans le cadre de leur métier, ils font plus souvent face à la minorité, aux 25 % qui ne les aiment pas, notamment des jeunes des quartiers sensibles, qui font souvent l'objet de contrôle d'identité,...

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