Christian Estrosi en piste pour un second mandat à Nice

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CHRISTIAN ESTROSI FAVORI POUR UN SECOND MANDAT À NICE
CHRISTIAN ESTROSI FAVORI POUR UN SECOND MANDAT À NICE

par Matthias Galante

NICE (Reuters) - Favori à sa propre succession, le député-maire UMP sortant de Nice, Christian Estrosi, se déploie tous azimuts pour conserver ce bastion de droite qui aiguise les ambitions d'un prédécesseur revanchard, d'anciens adjoints et d'un Front national en pointe.

L'ancien ministre de l'Industrie est partout, multipliant inaugurations et propositions pour occuper l?espace médiatique.

Proche de Nicolas Sarkozy, qui se rend fréquemment dans la cinquième ville de France, le vice-président de l'UMP a eu droit - privilège rare - à la visite de l'ancien président le 10 mars pour l'inauguration d'un centre sur la maladie d'Alzheimer, aux côtés de Bernadette Chirac.

"Il inaugure la première pierre, la deuxième, la troisième... il a toujours fait comme ça", dit Olivier Bettati, un candidat dissident qui a démissionné de la majorité municipale en novembre dernier.

Furieux, l?ancien maire Jacques Peyrat, 82 ans, ex-membre du Front national qui se représente après sa défaite de 2008, a d'ailleurs saisi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.

Surnommé par ses détracteurs "le roi de la com?", Christian Estrosi s?est affiché avec l'acteur Gérard Depardieu lors du carnaval. Adepte du marathon, il organise, chaque samedi, un jogging ouvert à tous sur la Promenade des Anglais.

Son comité de soutien ressemble à une armée "people" où se côtoient notamment les nageurs Camille Muffat et Yannick Agnel, tous deux médaillés olympiques, le cinéaste Abdellatif Kechiche, réalisateur de "La vie d'Adèle", ou l'épouse de Jacques Chirac.

UNE VICTOIRE DÈS LE PREMIER TOUR ?

La méthode de l?ancien champion de moto de 58 ans, "qui se lève très tôt, se couche très tard, travaille tout le temps en exigeant énormément de ses collaborateurs", selon un proche, semble payer.

Les sondages le donnent largement en tête, avec une possible victoire dès le premier tour, ce qui n?est pas arrivé à Nice depuis la victoire de Jacques Médecin (RPR) en 1983.

Pourtant, les coups pleuvent contre sa personnalité.

"Je lui reproche d?être un homme qui clive alors qu?il doit rassembler, il installe un climat de tension", dit Patrick Allemand, candidat de la gauche réunie, qui avait réuni 22,3% des voix au premier tour en 2008 derrière Christian Estrosi (35,8%).

Les rivaux du maire sortant lui reprochent aussi une délibération prise au conseil municipal en novembre dernier qui l'autorise à attaquer en justice ceux qui "divulguent de fausses informations sur les finances et la dette de la municipalité".

"C?est l?une des raisons qui m?a poussé à partir", explique Olivier Bettati, qui a constitué une liste avec l?ancien premier adjoint Benoît Kandel et un ex-PS, Marc Concas.

"Je savais qu?il (Olivier Bettati-NDLR) allait partir depuis deux ans, c?était l?un des objectifs de cette délibération", réplique Christian Estrosi.

"Je n?entends que des critiques sur moi, mais pas sur mon bilan", répète inlassablement l'ancien ministre, qui dit vivre "une belle campagne en profitant enfin de tout le travail réalisé pendant six ans".

UNE VILLE TRANSFIGURÉE

Pour convaincre les électeurs, il s?appuie en particulier sur sa police municipale devenue la plus importante de France avec 380 agents. Mais aussi une spectaculaire politique de grands chantiers comme la Promenade du Paillon, un poumon vert de 12 hectares au c?ur de la ville, la Gare du Sud transformée en médiathèque et le stade Allianz Riviera qui accueillera des rencontres de football à l?occasion de l?Euro 2016.

L?endettement de la métropole de Nice-Côte-d?Azur, que préside Christian Estrosi, frôle le milliard d?euros. L'édile l'explique, en partie, par le transfert de compétences issues du conseil général et des communes.

Un futur souterrain de 3,2 km sous le centre-ville de Nice, pour la deuxième ligne de tram, cristallise les critiques : "Trop cher, trop incertain".

"Au contraire, le projet rapportera 900 millions d?euros de retombées socio-économiques sur trente ans d?amortissement", assure Christian Estrosi, qui promet de ne pas augmenter les impôts locaux.

Pour Jacques Peyrat, qui dirigea Nice de 1995 à 2008, le maire sortant "a ruiné la ville" qui avait placé Marine Le Pen en deuxième position (23,02%) derrière Nicolas Sarkozy (34,65%) au premier tour de la présidentielle de 2012.

Le Front national, qui accuse Christian Estrosi de "courir après ses idées", a investi Marie-Christine Arnautu.

Outre la concurrence de Jacques Peyrat, l'ex-conseillère régionale d'Ile-de-France a dû faire face à la fronde des "indignés du FN", qui dénoncent un parachutage. Certains ont rejoint la liste des Identitaires de "Nissa Rebela" emmenée par Philippe Vardon ou celle de Michel Cotta (Droite Libre 06).

(Edité par Sophie Louet)

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  • pcur le mardi 11 mar 2014 à 12:42

    Quand on a un maire compétent comme ça il faut le garder...