Chômage dans le Nord : «Que ce soit la gauche, la droite, le FN, c'est irréversible»

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Chômage dans le Nord : «Que ce soit la gauche, la droite, le FN, c'est irréversible»
Chômage dans le Nord : «Que ce soit la gauche, la droite, le FN, c'est irréversible»

Épinglée à l'entrée de la mairie de poche, une affichette invite à participer au Printemps de l'industrie. Pas de cheminée à l'horizon. Ni d'emplois. A Houry (Aisne), microvillage cerné par les pousses de blé, colza et betteraves, le taux de chômage surclasse la moyenne nationale. « Un truc qui ferme ici, un autre là... » résume Marie-Christine, en bichonnant ses massifs de fleurs.

Pendant six ans, Xavier n'a rien trouvé. Les taches qui maculent son tee-shirt bleu témoignent d'une bonne nouvelle : il vient de décrocher un CDD de couvreur. « Ici, c'est dur », souffle ce père de famille de 36 ans, dont la compagne est sans emploi.

« Dans le temps, soupire Marie-Christine, aujourd'hui retraitée, il y avait du boulot dans les fermes. On retombait sur ses pieds, en allant donner un coup de main. Maintenant, ce n'est plus possible. Il y a trop de charges, trop de lois. » Elle poursuit : « Les politiques sont paumés. Ils n'arrivent pas à trouver les bons trucs. Mais ça ne doit pas être facile non plus... Le chômage, c'est la plaie de notre siècle. » Ici, aux dernières élections régionales, la majorité des 42 électeurs du village (plus de 60 %) ont voté Front national.

Marie-Christine, retraitée à Houry (Aisne) (LP/Aurélie Ladet)

Depuis la rocade, les bons yeux parviennent à distinguer ce qu'il reste des hauts-fourneaux d'Usinor. Vestige du temps où Denain (Nord) était « la ville fumière ». « Des bus ramassaient les ouvriers à 80 km à la ronde », se souvient Mario. En 1980, la fermeture de l'usine a laissé 5 000 personnes sur le carreau. Denain ne s'en est jamais vraiment relevé. Au Lutecia, l'un des rares lieux de vie du centre-ville, le « ça va mieux » de François Hollande fait lever les yeux au ciel. « Dans la région, la plus grosse entreprise, c'est Pôle emploi », balance Jean-Denis, patron de bar excédé par les charges sociales et le RSI (régime social des ...

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  • dotcom1 il y a 12 mois

    C'est sûr que s'ils attendent que l'Etat réouvre les mines de charbon, les usines sidérurgiques et textiles sans faire d'études ni de formation, c'est irréversible.