Chine-Russie : accord énergétique renforcé

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Les présidents Medvedev et Hu Jintao ont inauguré, lundi, la section chinoise de l'oléoduc Sibérie-Pacifique. Ils négocient aussi sur le gaz.

C'est un «nouveau départ», selon les mots du président Hu Jintao. Le dirigeant chinois retrouvait son homologue russe, Dmitri Medvedev, en visite de trois jours en Chine, à l'occasion de l'inauguration de la section chinoise de l'oléoduc transsibérien, qui relie Taïchet, en Sibérie orientale, à ­Daqing, au nord-est de la Chine.

Toute symbolique soit-elle, la cérémonie confirme le réchauffement des relations entre les deux frères ennemis d'hier, aujourd'hui réunis par un intérêt commun pour les ressources énergétiques. Le mois dernier, Vladimir Poutine assistait à l'ouverture de la section russe du même pipeline, qui acheminera à partir du 1er janvier prochain 300.000 barils de pétrole chaque jour. ­Pékin espère bien le voir fonctionner à pleine capacité, soit 30 millions de tonnes d'or noir par an. Mais la Russie n'a pas encore donné son feu vert. La semaine dernière, la première pierre d'une raffinerie sino-russe de 5 milliards de dollars était aussi posée à Tianjin, à l'est de ­Pékin.

Premier consommateur d'énergie de la planète, l'empire du Milieu se soucie depuis déjà plusieurs années d'assurer son indépendance vis-à-vis de ses fournisseurs d'énergie et de pétrole en particulier, en diversifiant ses sources d'approvisionnement. La Chine importe plus de la moitié de ses besoins en brut chaque année.

Se passer de l'Europe

Lundi, de longues discussions se sont poursuivies sur l'épineux dossier du gaz. La Russie, qui comptait dans sa délégation Alexeï Miller, PDG de Gaz­prom, veut profiter d'un débouché qui lui permettrait de se passer en partie de l'Europe pour vendre ses inépuisables ressources en gaz naturel. Les premières livraisons sont prévues pour 2015. Un accord-cadre signé en 2009 prévoyait l'importation de 70 milliards de mètres cubes par an. Les volumes ne sont pas un problème.

Moscou est prêt à livrer à Pékin «tout le gaz nécessaire», déclarait lundi Igor Setchine, vice-premier ministre. Mais la Chine bloque sur le prix. Alors que le charbon représente 65% de sa consommation d'énergie, l'empire du Milieu veut multiplier par trois sa demande en gaz naturel sur les dix prochaines années. Face à tant de potentiel, les responsables russes espèrent trouver un accord avant l'été prochain. Sur le plan nucléaire, la coopération sera également renforcée, avec la construction, l'an prochain, de deux réacteurs supplémentaires de 1000 mégawatts sur le site de Tianwan, dans l'Est.

Des projets d'extraction d'uranium en Russie et dans d'autres pays, ainsi que le développement de centrales de quatrième génération, ont également été discutés.

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