Chine-Les stats plaident pour un nouveau coup de pouce monétaire

le
0

par Koh Gui Qing et Kevin Yao PEKIN, 11 mars (Reuters) - Les croissances de l'investissement, des ventes au détail et de la production industrielle n'ont pas répondu aux attentes en Chine sur la période janvier-février et les investisseurs ne doutent plus guère que la phase de ralentissement économique perdure et nécessite de nouvelles mesures de soutien. Un jour plus tôt, l'indice des prix à la production de février montrait une intensification des pressions déflationnistes, autant d'éléments qui semblent plaider pour un nouveau coup de pouce de la politique monétaire à la deuxième économie mondiale. La production industrielle a augmenté de 6,8% sur janvier-février par rapport à la période comparable de 2014, a annoncé mercredi le Bureau national de la statistique, soit sa croissance la plus faible depuis la fin 2008. Les analystes interrogés par Reuters projetaient une croissance de 7,8%. "Cela atteste de la nouvelle configuration voulue par le président Xi", commente Chester Liaw, économiste de Forecast Pte à Singapour. "Des hausses à deux chiffres de la production industrielle, il ne faut plus y compter et il est peu probable que les ventes au détail puissent pareillement tenir longtemps au-dessus des 10%". Les ventes au détail ont augmenté de 10,7% durant les deux premiers mois de l'année, ratant le consensus qui donnait 11,7%. L'investissement en actifs immobilisés, paramètre important de l'économie chinoise, a augmenté de 13,9% en janvier-février, ce qui est, là encore, en deçà des 15% projetés. Pékin publie les statistiques de l'investissement, des ventes au détail et de la production industrielle sur une période de deux mois pour lisser les effets induits par le Nouvel An lunaire chinois, tombé en janvier en 2014 mais en février cette année. Le tassement de l'activité industrielle laisse penser que la croissance de la Chine ralentira autour des 7% cette année, contre 7,4% en 2014, ce qui était un plus bas de 24 ans, et ce même avec de nouvelles mesures de soutien. La Banque populaire de Chine (PBoC) a réduit les taux par deux fois depuis novembre. Elle a, début février, a abaissé le coefficient des réserves obligatoires pour encourager les banques à prêter plus. Elle devrait renouveler l'exercice compte tenu d'un taux d'inflation mesuré par les prix de détail qui évolue non loin du "seuil de vigilance" de l'Etat, qui est de l'ordre de 1%. Il faudrait remonter au plus profond de la crise financière mondiale pour voir la PBoC être aussi accommodante. L'économie chinoise a connu 15 mois agités, un marasme immobilier aggravant les effets d'un ralentissement de la demande intérieure et extérieure et de surcapacités industrielles persistantes. La guerre à la corruption lancée par l'Etat a également freiné l'ensemble de l'activité économique. (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant