Chine : les forçats du high-tech

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REPORTAGE - Les «terres rares», dix-sept minerais indispensables à la fabrication de nos téléphones portables, que l'on exploite au fin fond de la Chine dans des conditions dignes de Germinal. Plongée dans un monde interdit.

C'est un décor de film post-apocalyptique. Planté au cœur des steppes pelées de Mongolie-Intérieure, un immense cratère, comme creusé par un trou de météorite, s'étire sur plus de trois kilomètres. Entre neige et poussière, des monstres d'acier y fouillent sans relâche. Bienvenue à Bayan Obo, la plus grande mine de terres rares au monde, dont la production a dépassé les 50.000 tonnes l'an dernier. Un lieu stratégique sous bonne garde, interdit aux visiteurs étrangers, dont le nom signifie en langue mongole « montagne de richesse ». En guise de relief, des amas grisâtres mouchetés de neige sale surplombent une plaine désolée.

À l'entrée de ce district minier de 30.000 âmes, un panneau annonce la couleur: «Bienvenue dans la mère patrie des terres rares». Attablés dans un boui-boui, une dizaine d'ouvriers réchauffés au saké s'époumonent dans un bel ensemble en reprenant la célèbre phrase du visionnaire Deng Xiaoping: «Le Moyen-Orient a le pétrole, la

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