Chine-Le PIB meilleur qu'attendu au T2, sans convaincre

le , mis à jour à 08:58
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    * Croissance de 6,7% sur un an du PIB au T2, contre 6,6% 
attendu 
    * Ventes au détail et production industrielle en hausse en 
juin 
    * Mais l'investissement ralentit, notamment dans le privé 
    * Pékin pourrait devoir envisager de nouveaux soutiens 
 
 (Actualisé avec précisions, réactions) 
    par Kevin Yao et Elias Glenn 
    PEKIN, 15 juillet (Reuters) - La croissance de l'économie 
chinoise a été un peu meilleure qu'attendu au deuxième trimestre 
mais celle de l'investissement privé est tombée à son plus bas 
niveau historique, illustrant une faiblesse persistante qui 
pourrait pousser Pékin à adopter de nouvelles mesures de 
soutien. 
    L'investissement immobilier, qui a soutenu l'activité de la 
deuxième économie mondiale ces derniers mois, montre lui aussi 
des signes de ralentissement, sa croissance ayant diminué en 
juin pour le deuxième mois d'affilée. 
    Si la crainte d'un atterrissage brutal s'est éloignée, 
certains investisseurs n'en craignent pas moins une poursuite du 
ralentissement de la croissance, la Chine n'étant pas immunisée 
contre les effets à venir du vote britannique en faveur de la 
sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 
    Le produit intérieur brut (PIB) chinois a progressé de 6,7% 
sur un an au deuxième trimestre, un résultat équivalent à celui 
du premier et le plus faible enregistré depuis la crise 
financière mondiale, montrent les statistiques officielles 
publiées vendredi.  
    Les analystes interrogés par Reuters tablaient sur une 
croissance de 6,6% seulement. 
    La croissance de l'investissement des entreprises privées, 
qui assurent plus de 60% de l'investissement global, est 
parallèlement tombée à 9% au premier semestre, le chiffre le 
plus bas enregistré depuis mars 2000, signe que les entreprises 
retardent leurs projets face à la faiblesse de la croissance 
mondiale et des exportations. 
    "Si on observe une nette hausse des ventes au détail, le 
ralentissement des investissements en actifs fixes est 
préoccupant. Au vu de la baisse de la croissance des 
investissements en actifs fixes, j'ai tendance à maintenir ma 
prévision d'un ralentissement de la croissance sur l'ensemble de 
l'année", a commenté Tim Condon, chef économiste Asie d'ING à 
Singapour. 
     
    LES ÉCONOMISTES DOUTENT DE LA PÉRENNITÉ DU REBOND 
    Pour Wendy Chen, économiste de Nomura, "la croissance du PIB 
devrait ralentir au troisième trimestre et pourrait rebondir au 
quatrième avec l'activité liée à la reconstruction après les 
inondations. Mais le rebond ne durera pas." 
    Le bureau national de la statistique à Pékin a déclaré que 
l'économie restait confrontée à des pressions baissières mais a 
ajouté que les résultats du premier semestre constituaient une 
bonne base pour atteindre l'objectif officiel d'une croissance 
de 6,5% à 7%, que certains observateurs jugent ambitieux. 
    "La croissance solide du deuxième trimestre, qui a 
probablement été tirée par l'immobilier et la construction, ne 
devrait pas durer. L'investissement immobilier a augmenté de 
6,1% sur les six premiers mois de l'année, moins que les 7,0% de 
janvier-mai. La reprise tirée par l'immobilier est donc 
terminée", déclarent ainsi les économistes d'ANZ dans une note. 
    Illustrant cette faiblesse, le groupe Zoomlion Heavy 
Industry  1157.HK , un important fabricant chinois d'équipements 
de construction, a averti vendredi que sa perte semestrielle 
serait plus de deux fois supérieure à celle de l'an dernier en 
raison de la dégradation de la demande.  
    Parmi les indicateurs plus favorables publiés vendredi, la 
croissance de la production industrielle s'est accélérée à 6,2% 
sur un an en juin après 6% le mois précédent, alors que le 
marché s'attendait à un léger ralentissement à 5,9%. 
    Les ventes au détail ont elles aussi dépassé le consensus 
avec une croissance de 10,6% par rapport à juin 2015. 
    La bonne tenue de la consommation et du secteur des services 
restent donc un point fort de l'économie et récompensent les 
efforts entrepris par Pékin pour rééquilibrer l'économie en 
réduisant sa dépendance à l'investissement et aux exportations. 
    La consommation finale a ainsi contribué à la croissance à 
hauteur de 73,4% au premier semestre, contre 66,4% un an plus 
tôt. 
    "La structure de l'économie continue de s'améliorer, la part 
du secteur des services continue d'augmenter. Cette tendance 
devrait se maintenir", estime Wendy Chen, de Nomura. 
    En 2015, la croissance du PIB chinois a été de 6,9%, ce qui 
représente le plus mauvais résultat depuis 25 ans.  
 
 (avec Winni Zhou; Jean-Philippe Lefief et Marc Angrand pour le 
service français) 
 

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