Chine-Le crédit bancaire moins élevé que prévu en décembre

le
0

(Actualisé avec précisions, commentaires, contexte) PÉKIN, 15 janvier (Reuters) - Les banques chinoises ont distribué nettement moins de crédit que prévu en décembre, ce qui a poussé les entreprises en mal de trésorerie vers les réseaux de financement parallèle, au grand dam de Pékin. Cet indicateur décevant montre que le crédit tend à perdre son rôle de moteur de l'économie chinoise, ce qui lance de nouveaux défis aux responsables politiques qui cherchent à éviter un ralentissement trop brutal de la croissance en 2015. Les banques chinoises ont prêté 697,3 milliards de yuans (95,6 milliards d'euros) au mois de décembre, soit 13,6% de plus que le mois précédent, selon les données de la Banque populaire de Chine (PBOC) publiées jeudi. Les marchés financiers s'attendaient a une progression plus soutenue compte tenu des directives de la Banque centrale, qui avait recommandé un assouplissement du crédit pour relancer la croissance au cours des derniers mois de l'année. Les économistes interrogés par Reuters attendaient un chiffre stable par rapport aux prêts accordés en novembre, à 852,7 milliards de yuans, en progression de 13,4% sur un mois. Les analystes notent que les banques restent réticentes à prêter à des entreprises qui peinent à rembourser leurs dettes existantes et que la proportion de créances douteurs augmente. "Le ralentissement des nouveaux prêts en décembre suggère que les banques commerciales chinoises restent préoccupées par le risque de crédit dans les secteurs traditionnels", écrit Liu Ligang, économiste chez ANZ, dans une note. "Avec la poursuite du ralentissement de la croissance et le risque important de déflation, nous nous attendons à un nouvel assouplissement de la politique monétaire." Au total en 2014, les crédits accordés se montent à 9.780 milliards de yuans, ce qui représente une augmentation de 10% en un an. L'objectif de la banque centrale était de 10.000 milliards de yuans (1.300 milliards d'euros). La PBOC a annoncé fin novembre une baisse surprise de ses taux d'intérêt, pour la première fois en plus de deux ans. Pékin devrait annoncer la semaine prochaine que sa croissance économique l'an dernier a connu son rythme le plus faible en 24 ans. Les analystes tablent sur un nouveau ralentissement en 2015, même si le gouvernement prend de nouvelles mesures de soutien à l'économie. Un refroidissement du marché immobilier, des capacités de production excessives dans les usines et un investissement morose pèsent sur la demande. La croissance devrait avoir ralenti à 7,2% au quatrième trimestre, ce qui donnerait une croissance de 7,5% sur l'année, selon une enquête menée par Reuters. Certains économistes tablent sur une croissance inférieure à 7% en 2015. Les statistiques de la banque centrale montrent également que les entreprises se prêtent davantage entre elles, probablement pour pallier l'aversion au risque des banques. Le financement social total (TSF), un indicateur large des flux de liquidités dans l'économie réelle, a fait un bond en avant à 1.690 milliards de yuans en décembre, contre 1.150 milliards en novembre. La proportion du financement parallèle ("shadow banking") a été à son plus haut niveau depuis janvier alors que la tendance était en baisse depuis le second semestre. "Le shadow banking revient en force", dit Dariusz Kowalczyk, économiste chez Credit Agricole CIB. "C'est un pas en arrière dans le processus de réformes." Le "shadow banking" fait référence en Chine à du prêt bancaire hors bilan et à tout crédit servi par une entité non bancaire, allant jusqu'au prêteur sur gage. Pékin tente de freiner son développement, rapide depuis 2010 (Jake Spring et Xiaoyi Shao; Jean-Philippe Lefief et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Patrick Vignal)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant