Chine et Etats-Unis d'accord sur la dénucléarisation coréenne

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JOHN KERRY CHERCHE À PÉKIN UNE SORTIE À LA CRISE CORÉENNE
JOHN KERRY CHERCHE À PÉKIN UNE SORTIE À LA CRISE CORÉENNE

par Arshad Mohammed et Ben Blanchard

PEKIN (Reuters) - La Chine et les Etats-Unis ont réaffirmé samedi leur engagement à parvenir à une dénucléarisation totale de la péninsule coréenne, à l'occasion de la première visite à Pékin du secrétaire d'Etat américain John Kerry.

John Kerry a rencontré les dirigeants chinois pour les inciter à faire pression sur la Corée du Nord afin que celle-ci mette un bémol à sa rhétorique guerrière et revienne à terme à la table des négociations sur le démantèlement de son programme nucléaire.

En tant que premier partenaire commercial et principal soutien financier de la Corée du Nord, la Chine, estiment les Etats-Unis, est la mieux placée pour persuader Pyongyang de revenir dans le jeu diplomatique.

Pour sa première visite en Chine, le chef de la diplomatie américaine a rencontré notamment le président Xi Ping et le Premier ministre Li Keqiang.

"M. le président, il s'agit évidemment d'un moment critique avec des problèmes très sérieux comme ceux de la péninsule coréenne, du défi de l'Iran et des armes nucléaires, de la Syrie et du Proche-Orient, ainsi que des économies qui ont besoin d'un coup de pouce", a déclaré John Kerry, s'adressant au chef de l'Etat chinois dans le grand hall du Palais du Peuple.

Il a par la suite qualifié son entretien avec Xi Ping de "constructif et ouvert sur l'avenir", sans entrer dans les détails.

"UN ROCHER SUR LE PIED"

De son côté, Li Keqiang a souligné lors de son entrevue avec le diplomate américain que l'aggravation des tensions ne bénéficiait à personne.

"Toutes les parties doivent être tenues responsables du maintien de l'ordre et de la stabilité, ainsi que des conséquences", a-t-il déclaré selon la télévision publique.

"Les perturbations et la provocation dans la péninsule et dans la région nuiront aux intérêts de tous ; c'est comme soulever un rocher et se le faire tomber sur le pied", a-t-il ajouté.

John Kerry a également rencontré le conseiller d'Etat Yang Jiechi, le véritable chef de la diplomatie chinoise. A l'issue de leur entretien, les deux hommes ont réitéré côte-à-côte la volonté de leurs pays de parvenir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Nous, Etats-Unis et Chine, sommes capables d'affirmer notre engagement commun à la dénucléarisation de manière pacifique de la péninsule coréenne", a déclaré John Kerry.

"Nous maintenons que cette question doit être traitée et résolue pacifiquement par le dialogue et la consultation (...) La Chine travaillera avec les autres parties concernées, y compris les Etats-Unis, à jouer un rôle constructif dans l'avancement des pourparlers à six", a dit Yang Jiechi.

Les discussions à six concernent les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.

La télévision nord-coréenne, qui n'a pas soufflé mot du passage de John Kerry à Pékin, s'est en revanche largement étendue sur les préparatifs de l'anniversaire de Kim Il-Sung, fondateur de la République populaire démocratique de Corée et grand-père de l'actuel dirigeant Kim Jong-un, qui sera célébré lundi.

PAS DE MOUVEMENTS RÉCENTS DE MISSILES

Le Rodong Sinmun, organe officiel du Parti des travailleurs, dénonce quant à lui une fois de plus les manoeuvres militaires américano-sud-coréennes. "L'éclatement d'une guerre nucléaire est désormais un fait acquis par la faute des forces américaines et des fantoches sud-coréens. Si les ennemis osent provoquer (la Corée du Nord), elle les détruira en recourant à ses puissants moyens nucléaires", écrit l'auteur de l'article.

Malgré les nombreuses menaces militaires proférées par Pyongyang, l'agence sud-coréenne Yonhap, qui cite une source gouvernementale, indique qu'aucun mouvement de missile n'a été détecté depuis jeudi "et aucun tir de missile ne semble imminent".

La Chine s'est jusqu'ici montrée réticente à l'idée de faire pression sur son embarrassant voisin, mais il semble que les menaces militaires proférées au cours des dernières semaines aient infléchi cette position.

Xi Jinping a lui-même estimé récemment, sans citer Pyongyang, qu'aucun pays "n'avait le droit de semer le chaos dans une région et dans le monde pour des motifs égoïstes".

Avant de quitter Séoul vendredi, Kerry avait commencé à esquisser une solution diplomatique acceptable par les Etats-Unis et la Corée du Sud.

Dans un communiqué conjoint, il propose d'honorer les engagements pris dans le cadre de l'accord aujourd'hui caduc de 2005 prévoyant d'allouer une aide économique à la Corée du Nord moyennant "des mesures significatives" en vue de sa dénucléarisation.

"La Corée du Nord doit se soumettre à ses obligations et à ses engagements internationaux ou se préparer à un isolement croissant", soulignent les auteurs du document.

Les Etats-Unis et leurs alliés estiment que la Corée du Nord a violé ses engagements en procédant en 2006 à un premier essai nucléaire souterrain et en poursuivant des activités d'enrichissement d'uranium.

Avec Terryl Tue Jones à Pékin et Ron Popeski à Séoul; Pierre Sérisier, Jean-Philippe Lefief et Pascal Liétout pour le service français

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