Chevènement prêt à présider la fondation pour les oeuvres de l'islam

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    PARIS, 15 août (Reuters) - Jean-Pierre Chevènement se dit 
prêt à présider la Fondation pour les œuvres de l'islam de 
France en dépit des critiques et du scepticisme qui ont 
accompagné au sein de la classe politique l'annonce de sa 
possible nomination. 
    François Hollande avait laissé filtrer début août le nom de 
l'ancien sénateur et député pour diriger cette institution, en 
sommeil depuis 2005, dont l'objectif est de lever des fonds pour 
le financement des lieux de culte musulmans. 
    "Cette mission est tellement d'intérêt public qu'aucun 
responsable ne peut s'y dérober", explique Jean-Pierre 
Chevènement lundi dans le Parisien. "Je ne m'y déroberai donc 
pas". 
    Jean-Pierre Chevènement, âgé de 77 ans, dit avoir posé deux 
conditions à sa présidence: que "les financements étrangers 
soient prohibés" et qu'il puisse conserver sa liberté 
d'expression. 
    L'ancien ministre de l'Intérieur estime que "l'émergence 
d'un islam de France compatible avec la République représente 
une œuvre de longue haleine", tout en dénonçant la poussée des 
courants salafistes, qui, selon lui, mettent "à leur merci 
certains jeunes à l'esprit fragile". 
    Il évoque deux axes de sa probable fonction future, la 
mission première étant "la formation profane des imams", avec un 
enseignement sur la citoyenneté française et la langue 
française. Jean-Pierre Chevènement évoque également la création 
d'un "institut de recherche - profane - en islamologie". 
    L'opposition a fait part de ses doutes concernant la 
préférence de l'exécutif pour Jean-Pierre Chevènement, connu 
davantage pour avoir animé les débats à gauche pendant plusieurs 
décennies que pour son expertise en matière d'islam. 
    Le centriste François Bayrou l'a qualifié de personnalité 
"respectable" tout en estimant que le choix d'un non musulman 
poserait "une grande interrogation". 
    Brice Hortefeux, lointain successeur de Jean-Pierre 
Chevènement place Beauvau (2009-2011), s'est lui aussi étonné du 
choix d'un homme "totalement étranger à la religion musulmane". 
    Pour justifier ce choix, le gouvernement met en avant 
l'attachement de Jean-Pierre Chevènement à une laïcité exigeante 
et l'autorité morale dont jouirait l'ex-député, qui ne dispose 
plus d'aucun mandat électif et se tient depuis plusieurs années 
à l'écart des querelles politiques. 
 
      
 
     
 
 (Gérard Bon) 
 
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