ChemChina et Syngenta proposent des "remèdes" à l'UE

le
0
    PEKIN/HONG KONG, 10 janvier (Reuters) - China National 
Chemical (ChemChina)  CNNCC.UL  et Syngenta  SYNN.S  ont soumis 
des propositions de "remèdes" aux autorités européennes dans le 
but d'obtenir leur feu vert à leur projet de fusion de 40,6 
milliards d'euros. 
    Le site internet de la Commission européenne fait état 
d'"engagements" soumis le 9 janvier, ce qui signifie 
généralement que les parties concernées ont proposé des cessions 
d'actifs ou des mesures spécifiques en matière de prix de vente 
pour répondre aux préoccupations de Bruxelles. La CE ne donne 
aucune précision sur la nature des engagements des deux groupes. 
    "Syngenta confirme que des remèdes liés à l'accord avec 
ChemChina ont été soumis à la CE. Nous ne ferons pas d'autre 
commentaire", a dit un porte-parole du groupe suisse de semences 
et de pesticides. "ChemChina et Syngenta restent pleinement 
engagés dans l'opération et sont confiants dans sa réalisation." 
    Un porte-parole du géant public chinois de la chimie a 
déclaré à Reuters que le détail des remèdes soumis à Bruxelles 
était confidentiel.  
    La Commission a ouvert en octobre une enquête sur le projet 
de rachat de Syngenta par ChemChina en expliquant que les deux 
groupes n'avaient pas apaisé ses inquiétudes sur les risques que 
faisait peser le projet sur la concurrence.   
    Le mariage Syngenta-ChemChina, annoncé il y a près d'un an, 
a déjà été approuvé par des autorités de plusieurs grands 
marchés, aux Etats-Unis (uniquement par une commission chargée 
de trancher sur les enjeux pour la sécurité nationale) et en 
Australie entre autres. 
    Les points mis en avant par la CE sont considérés comme l'un 
des derniers obstacles réglementaires, avec la décision des 
autorités antitrust américaines. 
    La semaine dernière, Syngenta a déclaré que la Commission 
européenne avait décidé de prolonger son enquête de 10 jours 
ouvrés, soit jusqu'au 12 avril, afin de donner "suffisamment de 
temps à la discussion des propositions de remèdes". 
    Dans son communiqué d'octobre, l'exécutif européen avait 
notamment évoqué les risques liés au poids cumulé des deux 
groupes sur le marché européen de la protection des cultures.  
    Pour Ioannis Kokoris, professeur de droit et d'économie à la 
Queen Mary University de Londres, une cession d'Adama, filiale 
spécialisée de ChemChina, constitue la solution la plus simple 
pour répondre aux préoccupations exprimées par Bruxelles. 
    "Le fait que ChemChina ne l'ait pas encore fait suggère 
qu'il essaie d'éviter une cession totale d'Adama, peut-être en 
vendant un certain nombre d'activités importantes", dit-il. 
"L'autre hypothèse, c'est qu'il a accepté de céder Adama et 
qu'il discute maintenant de remèdes supplémentaires."    
 
 (Chen Aizhu et Michelle Price; Marc Angrand pour le service 
français, édité par Véronique Tison) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant