Charles de Gaulle, l'inconnu du 18 Juin

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Charles de Gaulle, l'inconnu du 18 Juin
Charles de Gaulle, l'inconnu du 18 Juin

Il fume comme un sapeur, penché sur la table du salon. La haute silhouette, sanglée dans son uniforme de cavalerie, émerge comme un phare du brouillard tabagique. Il écrit, barre, reprend, biffe, corrige encore d’un air pénétré, une énième Craven coincée entre les lèvres. La veille, Charles de Gaulle, tout juste débarqué à Londres, a obtenu du Premier ministre anglais Winston Churchill l’autorisation de parler sur les ondes de la BBC. Pour dire quoi ? Tout est consigné dans les feuillets dont il ressasse le contenu depuis que la guerre contre l’Allemagne a commencé, début mai. Il a beau s’être personnellement illustré à la tête d’une unité de chars, gagnant au passage sa deuxième étoile de général, la bataille a viré au désastre.

 

En quelques jours, la France, sa France, s’est effondrée. Militairement. Politiquement. Moralement. Ne reste qu’un peuple désemparé, qui a emporté ses matelas sur les routes de l’exode. Et un gouvernement aux abois, réfugié à Bordeaux et désormais aux mains du maréchal Pétain. Le 17 juin 1940, la vieille gloire de Verdun explique, « le cœur serré », aux Français qu’il faut capituler. De Gaulle n’a pas eu besoin d’entendre la radio pour deviner ses intentions. A l’aube, il a déjà filé à Londres dans un bimoteur avec deux malles et son aide de camp. « Dans ce petit avion, il emportait avec lui l’honneur de la France », écrira plus tard Churchill, grandiloquent.

 

Aucune répétition au micro

 

Pour l’heure, c’est un homme seul, quasi inconnu (il a été onze jours sous-secrétaire d’Etat à la Guerre) , qui achève son appel à poursuivre le combat dans le petit appartement de Seymour Place, qu’un ami lui a prêté. « L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! » assure-t-il, martelant à trois reprises que la « France n’est pas seule ! ». « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance ne ...

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  • mucius il y a 6 mois

    C'est vrai aussi qu'on glorifie celui qui a abandonné les harkis qui nous avaient fait confiance. Rappelons que les soldats français repoussaient à coups de crosse les harkis qui s'accrochaient aux bateaux français pour échapper aux massacres sanglants. C'est ça la France! De Gaulle a décidé tout ça...

  • mucius il y a 6 mois

    Il fallait inventer une histoire et un mythe après la défaite honteuse de mai-juin 1940 pour redonner un semblant de fierté aux Français. De Gaulle n'a servi à rien pour le dénouement de la WWII. Les Allemands et les Russes ne voulaient pas Des Français aux conférences de paix. Et Staline s'est bien moqué de notre fameux général en décembre 1944 à Moscou.

  • frk987 il y a 6 mois

    Un bémol quand même sur les accords d'Evian. Abandonner les harkis et faire entrer le FLN ne manquait pas d'humour.

  • janaliz il y a 6 mois

    Des hommes de cette trempe chaque pays en a un par siècle, et encore..... notre tour n'est pas près de revenir.....

  • phili646 il y a 6 mois

    Que dire du général qui n'est pas été dit. Les hommes politiques qui lui ont succédés sont des nains.