Charge de 14 milliards de dollars pour Rio Tinto, démission du DG

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DÉMISSION DU DG DE RIO TINTO
DÉMISSION DU DG DE RIO TINTO

LONDRES (Reuters) - Le groupe minier anglo-australien Rio Tinto a remercié jeudi son directeur général Tom Albanese, conséquence d'une charge de 14 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros) liée à ses deux principales acquisitions, dans l'aluminium et le charbon mozambicain.

L'action avait ouvert en forte baisse (-4,5%) en réaction à cette annonce mais avait sensiblement réduit sa perte à 1,82% en fin de matinée

Tom Albanese, qui avait rejoint Rio Tinto il y a une vingtaine d'année, sera remplacé par Sam Walsh, actuellement directeur de la division minerai de fer.

En poste depuis 2007, Tom Albanese avait jusqu'à présent été épargné par les conséquences d'une politique d'acquisitions jugée hasardeuse, dont celle de l'aluminier canadien Alcan pour 38 milliards de dollars dès sa première année au poste de directeur général.

Depuis lors, le groupe minier a subi plusieurs exercices déficitaires dans l'aluminium et inscrit une charge de 8,9 milliards de dollars il y a un an. Il comptait réduire la taille de cette division en vendant l'essentiel de ses actifs en Australie et en Nouvelle-Zélande mais les acheteurs ne se sont pas bousculés.

Rio avait par ailleurs racheté les houillères Riversdale, actives surtout au Mozambique, en 2011. Le groupe anglo-australien y a cependant rencontré des problèmes d'infrastructures plus importants que prévu.

La charge de dépréciation de 14 milliards de dollars se répartit entre l'aluminium à hauteur de 10 à 11 milliards et le charbon mozambicain pour trois milliards.

Le groupe minier pense également annoncer d'autres dépréciations mineures de l'ordre de 500 millions de dollars. Les chiffres définitifs figureront dans les comptes annuels publiés le 14 février.

LA DIRECTION DU GROUPE EN QUESTION

La nouvelle de la nomination de Sam Walsh a quant à elle été bien accueillie par les investisseurs et analystes mais ils craignent qu'il ne constitue pas une solution à long terme pour le groupe minier.

Ils s'interrogent en outre sur la gestion d'un groupe qui avait déjà annoncé le départ de son directeur financier en juillet.

"Ce n'est pas en cash et ça n'a pas d'effet sur la valorisation ou sur le bénéfice à court terme", tempère un analyste londonien. "Pour moi, c'est manifestement négatif mais ce n'est pas la fin du monde."

"Je ne m'attendais pas à une dépréciation de 14 milliards de dollars", commente de son côté Tim Schroeders pour Pengana Capital. Selon lui, ces départs témoignent d'une entreprise instamment priée de mieux gérer ses finances.

La démission de Tom Albanese s'accompagne de celle de Doug Ritchie, chargé des opérations d'acquisition et d'intégration des actifs mozambicains.

Ni Tom Albanese ni Doug Ritchie ne toucheront de prime de départ et ils renonceront notamment à des bonus gagnés au titre des années précédentes.

Tom Albanese n'est pas le premier dirigeant du secteur minier à quitter son poste. BHP Billiton est à la recherche d'un nouveau directeur général pour prendre la suite de Marius Kloppers et Anglo American a déjà remplacé la directrice générale Cynthia Carroll.

Kate Holton et Clara Ferreira-Marques; Agathe Machecourt pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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