Change Capital a fait une offre non engageante sur Lancel

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PARIS (Reuters) - Le groupe Richemont a reçu une offre non engageante du fonds Change Capital pour le rachat du maroquinier Lancel, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.

"Change Capital a fait une offre non engageante il y a dix jours", a déclaré une des sources à Reuters.

Richemont, propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels, envisage aussi de vendre la marque Chloé. Le groupe suisse n'a pas encore mandaté de banquier mais "la question n'est pas de savoir si c'est en vente mais quand cela le sera", a indiqué une des sources.

Outre l'offre de Change Capital, le conglomérat asiatique Swire, premier actionnaire de la compagnie Cathay Pacific, a manifesté son intérêt pour Lancel mais souhaiterait y prendre une participation seulement minoritaire en association avec un fonds.

Par ailleurs, selon une source industrielle, le groupe de Hong Kong YGM, propriétaire de Guy Laroche et du britannique Aquascutum, serait lui aussi intéressé.

Change Capital s'est refusé à tout commentaire, tandis que personne n'était joignable chez Swire et YGM.

Le fonds Change Capital Partners, créé par Luc Vandevelde, ancien PDG de Carrefour, est l'actionnaire majoritaire de la marque française de prêt-à-porter Paule Ka. Il s'était déjà porté acquéreur, avec Eurazeo, des marques Sandro, Maje et Claudie Pierlot, finalement rachetées par le fonds KKR en juin.

Lancel, rachetée par Richemont en 1997 pour environ 200 millions d'euros selon une source industrielle, a connu une valse de dirigeants sans précédent.

Plus d'une dizaine de PDG se sont succédés et le maroquinier n'a pas fait l'objet de l'attention nécessaire de son actionnaire, selon des professionnels du secteur.

La marque, déficitaire, réalise aujourd'hui un chiffre d'affaires d'environ 135 millions d'euros.

"Lancel a été une très belle marque. Elle conserve un grand potentiel, elle a une histoire et des archives, mais elle a été très abîmée par ses dirigeants successifs, qui l'ont mal gérée et ne lui ont pas trouvé le directeur artistique idoine", commente l'un d'entre eux.

"Il y a un énorme travail de retournement à faire, les stocks sont colossaux et il faudrait rapatrier la production en France."

Pour se relancer, Lancel s'est fourvoyé sur le terrain du bling-bling bas de gamme, vendu cher et fabriqué en Asie.

L'acheteur potentiel devra donc consentir d'importants investissements et avoir du temps devant lui, dans une conjoncture difficile en Europe et ralentie en Chine.

Plusieurs grands fonds et investisseurs, comme Eurazeo et PAI ou l'asiatique Fung Brands, propriétaire de Sonia Rykiel et du chausseur Robert Clergerie, se sont penchés sur le dossier avant de le refermer rapidement, a-t-on ajouté de sources informées.

Astrid Wendlandt et Pascale Denis, édité par Dominique Rodriguez

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