Chanel-La DG quitte le groupe pour divergences stratégiques

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 (Actualisé avec confirmation officielle de Chanel, contexte) 
    PARIS, 28 janvier (Reuters) - Chanel a officialisé jeudi le 
départ de sa directrice générale pour divergences stratégiques, 
au moment où le secteur du luxe accuse un brutal ralentissement. 
    Maureen Chiquet qui était aux commandes de la maison de la 
rue Cambon depuis neuf ans, sera remplacée par Alain Wertheimer, 
président et propriétaire de la griffe avec son frère Gérard. 
    Tout en saluant un mandat durant lequel Maureen Chiquet "a 
accompagné avec succès la croissance de Chanel et consolidé son 
positionnement dans l'univers du luxe", le groupe évoque, dans 
un communiqué, des "divergences d'opinions sur la stratégie de 
la maison". 
    Certains spécialistes estiment que la directrice générale 
fait les frais d'erreurs stratégiques exposant la griffe au 
risque de banalisation. 
    Ils évoquent notamment une surexposition de Chanel à la 
clientèle chinoise. 
    "Il y a une sorte de consensus dans l'industrie selon lequel 
Chanel a fait un certain nombre d'erreurs", note Luca Solca, 
analyste d'Exane BNP Paribas. "La marque semble surexposée à la 
clientèle chinoise et les ajustements de prix ont encore 
exacerbé le problème", précise-t-il. 
    Le groupe avait créé la surprise en mars dernier, annonçant 
qu'il allait harmoniser ses prix au niveau mondial afin de 
remédier à l'explosion du marché parallèle et aux distorsions 
provoquées par le creusement des écarts de prix entre l'Europe 
et l'Asie.   
    Il avait ainsi procédé à des baisses de prix drastiques en  
Chine tout en les augmentant d'environ 20% en Europe sur ses 
modèles de sacs les plus vendus dans le monde, le "Boy", le 
11.12 et le 2.55. 
    Chanel ne publie aucun chiffre. La griffe qui compte parmi 
les premières marques mondiales du luxe dégagerait un chiffre 
d'affaires supérieur à 10 milliards d'euros, pour une marge 
opérationnelle de plus de 30%, selon certaines estimations 
d'analystes. 
    L'éviction de Maureen Chiquet intervient au moment où le 
secteur marque le pas, plombé par le ralentissement économique 
en Chine, la chute du trafic des touristes chinois à Hong Kong, 
le tassement du marché américain et la quasi-disparition des 
acheteurs russes et brésiliens aux prises avec la récession. 
    Les attentats du 13 novembre à Paris ont encore davantage 
freiné la croissance. Les analystes de Raymond James ont ramené 
à 2,3% leur estimation de croissance pour le secteur à changes 
constants pour 2015 et à 2,7% pour 2016, après 8% en moyenne en 
2010-2013. 
 
 (Pascale Denis, avec Astrid Wendlandt, édité par Jean-Michel 
Bélot) 
 
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