Champions Cup - Toulon - Mourad Boudjellal : « Même Gilbert Montagné... »

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Champions Cup - Toulon - Mourad Boudjellal : « Même Gilbert Montagné... »
Champions Cup - Toulon - Mourad Boudjellal : « Même Gilbert Montagné... »

A l'issue de la défaite de Toulon (23-31 contre les Saracens) lors de la 1ere journée de Champions Cup, Mourad Boudjellal, le président du club, est revenu sur la rencontre, ainsi que sur les nombreuses blessures qui touchent le RCT et sur la suite de la saison.

Président, quelle est votre réaction après la défaite du RCT à Mayol contre les Saracens ? Une défaite à la maison, c'est toujours compliqué à vivre. On n'est pas éliminé pour autant. L'an passé, on s'est fait taper par les Wasps. On en prend 40 (points) aux Wasps. On sait qu'il faut 20 points pour passer en tant que meilleur second, donc on va aller chercher les 20 points. Il n'y a pas d'autres façons. La première période est catastrophique, l'enseignement à tirer, c'est que quand il y a des points à prendre, il faut les prendre. Parce que si on prend une ou deux pénalités, on peut revenir à -2 et ce n'est pas la même chanson. En deuxième période, on retrouve notre équipe mais les Saracens, c'est une belle équipe. Bien arbitrée, mais une belle équipe... très bien arbitrée même ! Ça ne se joue pas à l'arbitrage bien sûr, mais à ce niveau, il y a des en-avants que moi, je vois. Si moi, je les vois, même Gilbert Montagné peut les voir tellement je suis nul. Ce n'est pas possible que l'arbitre ne les voit pas quand on prétend être professionnel. Ça ne change pas le cours du match, les Saracens ont gagné, bravo. Je ne sais pas pourquoi, j'adore les arbitres français depuis 80 minutes. Est-ce qu'à dix minutes de la fin, vous avez cru à l'exploit ? Oui, comme tout le monde bien sûr. Mais, je pensais aux trois points qu'on a laissé en première période. Je me suis dit "là, on serait à -2, ce n'est pas pareil.'' On leur donne 18 points d'entrée avec des coups de pied ratés, qu'ils n'ont pas dû travailler à l'entraînement. Et pourtant, on revient bien. On démontre qu'on est là. Peut-être qu'on était pas encore prêt pour des matchs de ce niveau là. On a une équipe en reconstruction. On a des joueurs qui reviennent, on a des joueurs qui manquent, on a des nouveaux coachs. Il nous faut peut-être encore quelques mois. On ira à Londres en janvier et on verra si on est meilleur qu'en octobre. C'est une déception, mais on n'est pas éliminé pour autant. Il nous faut 20 points. C'est dommage qu'on n'en prenne pas un. Dans la vie, des fois, on ne se demande pas comment on va faire, on le fait et puis c'est tout.

Boudjellal : « Les Saracens ne sont pas champions d'Europe par hasard »

A la mi-temps, vous ne deviez pas penser tenir ce discours... Oui, mais en même temps, tu te dis que c'est trop gros. Tu prends 20 points face aux Saracens, bien sûr c'est une belle équipe mais ce n'est pas l'écart entre les deux équipes. J'attendais une réaction de mon groupe et elle est venue. Je le dis, je le répète, cette première période, il ne manque que le ruban pour faire un paquet cadeau avec les points. Ça se joue sur rien, on est incapable de construire sur nos rares moments forts. Puis, je crois qu'il y a une faute qui doit entraîner un essai, je ne suis plus sûr. J'ai trouvé l'arbitrage impartial, mais très mauvais. Ça fait peur. Pourtant, d'habitude, c'est un très bon arbitre. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas dopé. Toulon, c'est une équipe à réaction depuis le début de saison ? C'était notre plus gros rendez-vous de l'année et on ne savait pas trop où on en était parce qu'on avait eu des beaux matchs, des matchs beaucoup moins beaux. On avait donc un peu d'appréhension sur cette rencontre, que c'était un rendez-vous à ne pas manquer. On était donc un peu tendu. On a montré qu'on n'était pas mort. On ira chercher les 20 points. Et si on ne les a pas, avec le nombre de blessés qu'on a, ça voudra dire qu'on n'est pas capable de jouer les deux compétitions et que c'est préférable de miser sur le Top 14. Après, les Saracens ne sont pas champions d'Europe par hasard. Tout le monde les compare à Toulon, mais s'ils retrouvent le Racing, je ne suis pas sûr qu'on les comparent longtemps à Toulon.

Boudjellal : « Actuellement, je suis président du RCT et concentré là-dessus »

Vous avez des nouvelles de Josua Tuisova ? Ça, ça fait partie de la série des blessures... Je pense que je vais appeler des agents et je vais demander une livraison d'ailiers en palettes. Peut-être que si je m'en fais livrer 20, on sera tranquille pour quelques mois. Avec le nombre de blessés qu'on a à l'aile, c'est juste hallucinant. A part la frustration, il y a quand même des espoirs pour la suite si on reste sur la deuxième période ? Bien sûr, je suis persuadé que l'on a une très grosse équipe, qui est faite pour gagner. Peut-être pas pour gagner deux titres, mais au moins un, vous verrez. Si on nous laisse un peu récupérer nos joueurs, si on nous laisse le temps parce qu'il y a pas mal de choses qui ont changé au niveau des systèmes de jeu. Le Toulon d'octobre ne sera pas celui d'avril, de mai ou de juin. C'est une période difficile mais on en a vu d'autres. J'ai quand même une détermination assez ferme. On n'est pas mort. Peut-être que des gens sont en train de se réjouir, mais je leur conseille de boire une bonne bouteille ce soir, de qualité de préférence pour ne pas avoir mal à la tête demain. Mais qu'ils ne mettent pas la deuxième au frais, on ne leur laissera pas l'ouvrir. Vous êtes toujours vendeur ? Ça, c'est un autre sujet. Actuellement, je suis président du RCT et la saison se passera. Je suis concentré sur le Top 14 et la Coupe d'Europe et je n'ai pas envie de partir avec le goudron et les plumes. Propos recueillis par Karim Attab
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