Championnat d'Europe (H) : Gasol emmène l'Espagne en finale et à Rio

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Championnat d'Europe (H) : Gasol emmène l'Espagne en finale et à Rio
Championnat d'Europe (H) : Gasol emmène l'Espagne en finale et à Rio

Grâce principalement aux 40 points de Pau Gasol, l'Espagne a pris sa revanche sur l'équipe de France en demi-finale du championnat d'Europe de basketball (80-15, ap). La Roja s'offre par la même occasion un billet pour les prochains Jeux Olympiques, quand les Bleus devront passer par un tournoi de qualification.

Des regrets et encore des regrets. L’Espagne d’un grand Pau Gasol (40 pts à 12/19 aux tirs et 16/18 aux lancers-francs, 11 rebonds) terrasse les Bleus après prolongation. Les Bleus avaient pourtant le match en main durant tout la rencontre avant un dernier quart-temps catastrophique et une prolongation qui s’est joué sur la ligne des lancers-francs. Pourtant, la France a clairement laissé le diesel de côté pour commencer la course devant. Les Bleus défendent le plomb, galvanisés par une ambiance jamais vue auparavant. Les Espagnols jouent les pot-de-colle sur les extérieurs français. Et quand Tony Parker est tenu, comme depuis le début c’est le Ch’ti qui crée. Nando De Colo, en état de grâce, embarque tout le monde avec un shoot deux mètres derrière la ligne et quelques percussions conclues avec classe et touché. Les extérieurs ibériques ne sont pas adroits à trois points mais leurs meilleurs ennemis ne creusent pas l’écart, la faute à la mauvaise gestion de Tony Parker (10 pts à 3/13 aux tirs, 6 passes décisives et 3 balles perdues), qui a semblé faillir mentalement.

Trop de folie dans le jeu Bleu

Les Français fournissent pourtant un travail de titans pour sécuriser les rebonds et s’offrir des contre-attaques que De Colo, en état de grâce, emmène parfaitement. Si défensivement, les hommes de Collet sont en place, leur attaque l’est un peu moins. Les Bleus jouent un basket brouillon, trop fou, trop « libre » selon le sélectionneur qui demande plus de circulation face à la bonne zone espagnole. L’impression laisse présager le pire. La France domine mais ne creuse pas d’écart. La défense est de fer des deux côtés. Les contres s’enchaînent plus rapidement que les paniers. Gobert est héroïque des deux côtés du panier et permet aux Français de s’offrir des deuxièmes chances. Mais en fin de mi-temps, c’est la Roja qui met son tempo en place et Rudy Fernandez fait même passer l’Espagne devant. Gelabale, plein de sang-froid, refroidi les bomboneras espagnoles et à la mi-temps, La France est finalement devant (33-32).

Un large écart réduit à néant

Au retour des vestiaires, l’équipe de France repart sur les mêmes bases défensives. Une fois n’est pas coutume, les trois points tombent et l’écart se creuse jusqu’à +11. On se dit alors que rien ne peut arriver à cette équipe construite pour la victoire finale. Les Espagnols suffoquent et leur salut ne passe que par un homme. Immense, Pau Gasol, qui inscrira la moitié des points de son équipe, se présente huit fois de suite sur la ligne. Les Français concluent ce troisième quart-temps sur une merveille d’alley-oop entre Nando De Colo et Jofrey Lauvergne. Les Bleus ont marché sur l’eau dans ce troisième quart-temps mais vont s’enfoncer au moment de conclure. Pris dans l’euphorie d’un stade en transe, les Bleus se précipitent en attaque et se coupent la respiration. L’Espagne durcit sa défense, toujours à la limite. Seul De Colo opère sa trachéotomie habituelle. Les Français ne marquent pas pendant plus de trois minutes. Les Espagnols reprennent confiance et forcent les contacts. Pau Gasol, avantagé par les coups de sifflet des arbitres, et Sergio Rodriguez croient même donner la victoire à la Roja mais « Batman » Batum sauve la mise à trois points pour envoyer tout le monde dans une prolongation pleine de tension.

Lancers-francs maudits

Dans ce supplément de cinq minutes, les séries se succèdent. 4-0 pour la France. 4-0 pour l’Espagne. Le cœur et l’estomac se resserrent. Après un contre de Gobert sur Gasol, les Bleus pensent entrevoir la lumière. La France a alors l’occasion de prendre six points d’avance mais rate des lancers-francs cruciaux. Les Espagnols, eux, montrent leur tripes et ne craquent pas pour s’offrir une place en finale et le premier ticket pour les Jeux Olympiques de Rio. Les coéquipiers de Tony Parker devront relever la tête pour ramener quelque chose de Lille. La qualification pour un des trois tournois de qualification olympique ne suffira pas à effacer les maux bleus.

Maxime HABERT

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