Champagne : l'hectare dépasse le million d'euros

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Selon la FNSafer, la crise du marché des terres agricoles épargne les vignobles réputés et les grandes cultures.

Le prix des vignobles réputés et plus particulièrement ceux du champagne, échappent à la crise qui a affecté le marché des terres agricoles en 2012. «Les vignobles haut de gamme sont portés par la demande mondiale en produits de luxe et ont atteint de nouveaux sommets, indique Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer (sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural). La hausse atteint même 21,5 % pour l'hectare de champagne, contre 1,1 % globalement pour le prix des terres et prés libres en France.» Plus précisément, selon le dernier rapport de la FNSafer, le prix moyen d'un hectare de vigne dans la Marne s'est élevé en moyenne de 1,04 million d'euros. Dans l'Aube viticole, l'hectare a eu un peu moins la cote. Il atteint tout de même 723.700 euros. À ce prix-là, il s'agit le plus souvent de transactions effectuées par des sociétés à travers des montages de démembrement de propriété. Jusqu'à présent les Safer n'en avaient pas connaissance. Depuis un décret de l'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, du 14 mars 2012, leur notification par les notaires aux Safer est obligatoire. Et cela dans un souci de transparence des marchés fonciers.

Des montants qui s'affichent bien loin des standards du prix des meilleures terres agricoles cultivables, lesquelles sont pourtant portées, elles aussi, par un contexte favorable. «Les cours élevés et les bonnes récoltes dans l'Hexagone ont pu alimenter la hausse des valeurs foncières dans les zones de grandes cultures», souligne Emmanuel Hyest.

Foncier agricole en baisse

Ainsi dans la Marne, le prix moyen de la terre agricole atteint 8590 euros l'hectare, en augmentation de 9 %. Dans l'Aube, il reste stable autour de 7900 euros l'hectare. Toutefois, vignobles haut de gamme et grandes cultures restent des exceptions. «La tendance générale est à la contraction des ventes et à la baisse des prix sur le marché des terres agricoles. Avec la crise économique et financière, le prix des terres et prés libres stagne autour de 1,1 % à 5420 euros l'hectare. Le retrait des acquéreurs non agriculteurs, la prudence des banques et les perspectives de baisse des aides à l'hectare sont trois facteurs qui peuvent expliquer ce ralentissement», note le président des Safer. Une stagnation plus visible dans les zones d'élevage.

Par exemple en Loire-Atlantique, le prix moyen à l'hectare - 2310 euros en 2012 - a chuté de 5 %. Dans la Haute-Vienne, berceau des vaches limousines, l'hectare diminue de 4 % à 2960 euros. Dernier fait marquant de l'année 2012, la consommation de foncier agricole pour devenir des terrains à urbaniser diminue en 2012. «Là encore, la crise explique cette désaffection des investisseurs, tout comme la mise en place d'une surtaxe sur les plus-values foncières de tels biens. Enfin la sensibilisation des élus sur ce sujet porte ses fruits», résume Emmanuel Hyest.

Concrètement «le marché des terres à urbaniser a baissé d'un tiers en 2012 à 30.000 hectares, ajoute de son côté Robert Levesque, directeur des études à la FNSafer. Nous sommes loin du pic de 45.000 hectares d'avant la crise financière de 2008», précise-t-il. La terre «qui ne ment pas» reste cependant un actif sûr en période de crise.

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