CGT et FO mobilisent contre l'accord sur l'emploi

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L'ACCORD SUR L'EMPLOI SERA APPLICABLE DÉBUT MAI
L'ACCORD SUR L'EMPLOI SERA APPLICABLE DÉBUT MAI

PARIS (Reuters) - La CGT et Force ouvrière appellent à des manifestations et rassemblements partout en France mardi pour dénoncer l'accord national sur la sécurisation de l'emploi, que les deux syndicats jugent destructeur du droit du travail.

Les deux centrales ont mis de côté leur réticence historique à défiler ensemble pour entrer en résistance, avec le soutien de la FSU et de Solidaires, contre ce texte, qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres.

Des manifestations et rassemblements sont annoncés dans 200 villes pour faire pression sur les députés et des arrêts de travail sont prévus, mais les perturbations seront a priori limitées.

Le Front de gauche compte lui participer en force à la mobilisation contre le projet signé le 11 janvier par trois centrales - CFDT, CFTC, CFE-CGC - et le patronat. Il promet une bataille à coups de centaines d'amendements.

Le patronat et la CFDT exigent que le texte soit voté en l'état et le gouvernement a prévenu qu'il n'était pas question de toucher à l'équilibre du texte, ce que le gouvernement dit avoir fait en écrivant le projet de loi.

"Point par point, chacune des dispositions est bonne", a déclaré lundi le ministre du Travail Michel Sapin sur BFM TV et RMC, se défendant d'avoir mené un travail de "copiste".

"Je l'ai modifié sur certains points, en accord avec les organisations qui avaient signé, et en toute transparence avec les organisations qui n'avaient pas signé", a-t-il ajouté. "Début mai, ce texte sera applicable."

LE PS VEUT "RESPECTER" L'ACCORD

Le gouvernement peut compter sur l'appui des groupes de l'opposition, les centristes notamment.

Le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin a annoncé qu'il voterait le texte et le sénateur UDI (centriste) Jean Arthuis a dit lundi sur LCI qu'il ferait "vraisemblablement" de même.

Mais la décision du gouvernement de reprendre le texte négocié par le patronat et les syndicats signataires ne passe pas au sein de l'aile gauche du PS. Les représentants du courant "Maintenant la gauche" iront ainsi saluer mardi les leaders syndicaux en tête du cortège, sans toutefois défiler eux-mêmes.

Certains écologistes sont également réticents, même si ces derniers affirment vouloir voir le texte avant de se prononcer.

La CGT et FO promettent en outre d'attaquer Paris devant les juridictions internationales si le texte "made in Medef" était adopté en l'état.

Harlem Désir, le Premier secrétaire du Parti socialiste, a mis en avant lundi les avancées obtenues pour les salariés en échange de plus de flexibilité, comme la taxation de certains contrats courts, la généralisation de la complémentaire santé et les droits rechargeables à l'assurance chômage.

"Nous voulons respecter un accord qui est issu du dialogue social", a-t-il dit sur France Info, laissant entendre que quelques amendements pourraient intervenir à la marge afin d'éviter une fracture à gauche.

Dans le "Journal du dimanche", 100 parlementaires socialistes ont signé une tribune appelant à voter le projet de loi de transposition de l'accord, invoquant une "nouvelle démocratie sociale".

Mais les opposants au projet retiennent surtout les licenciements facilités et la plus grande mobilité géographique demandée aux salariés.

MENACE DE PLAINTE DEVANT L'OIT

"C'est une addition de reculs sans précédent pour le monde ouvrier", estime le président du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon, pour qui François Hollande n'imposera le texte "qu'en violant l'opinion et les corps intermédiaires".

"D'un gouvernement de gauche, on peut tout de même attendre autre chose que ça", disait Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, la semaine dernière devant l'Association des journalistes de l'information sociale (AJIS).

"Ce serait quand même un comble qu'on soit amené à traduire le gouvernement, l'Etat français, devant des juridictions internationales au motif qu'il adopterait des textes en infraction avec les normes du droit international", ajoutait-il.

Le dirigeant cégétiste, qui avait appelé à voter François Hollande, souligne le paradoxe de devoir, moins d'un an après, "en appeler à la mobilisation parce que les projets du gouvernement sont considérés comme néfastes".

"Cet accord entérine beaucoup de mesures de flexibilité que le patronat demandait depuis longtemps. On pourra licencier beaucoup plus simplement demain", a regretté Jean-Claude Mailly, le dirigeant de FO, sur RMC.

"Avec cet accord, (l'usine de PSA d') Aulnay serait déjà fermée. Les avancées pour les salariés sont reportées à plus tard", a-t-il ajouté, confirmant son intention de porter plainte devant l'Organisation internationale du travail.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • queb63 le lundi 4 mar 2013 à 15:54

    Je suis un employé non syndiqué et je n'ai pas les comptes en banque de ceux qui disent qu'appauvrir le Pays est bon pour lui (Pays ou ceux qui disent)mais je suis d'accord que certains patrons sont respectueux de leurs employés mais je crois que la majorité est individualiste et ne vois que l'argent. En France, les Patrons n'ont pas de moral.

  • M2280901 le lundi 4 mar 2013 à 15:18

    dans le titre 'l'accord sur' est en trop

  • jbellet le lundi 4 mar 2013 à 15:18

    la cgt comme d'habitude ne veut rien signer et comme d'habitude elle menace