CGT et FO boycotteront la 2e journée de la conférence sociale

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LA CGT ET FO BOYCOTTERONT LA 2E JOURNÉE DE LA CONFÉRENCE SOCIALE
LA CGT ET FO BOYCOTTERONT LA 2E JOURNÉE DE LA CONFÉRENCE SOCIALE

par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - François Hollande a ouvert lundi dans un climat tendu la troisième conférence sociale de son quinquennat, dont il espère une relance du dialogue social en France, alors que CGT et FO ont fait savoir qu'elles en boycotteraient la seconde journée.

Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, est arrivé parmi les derniers participants, mine grave, au Palais d'Iéna, qui abrite le Conseil économique, social et environnemental, sans dire un mot aux journalistes présents.

Un haut responsable du syndicat a déclaré à Reuters que la CGT ne participerait ni aux tables rondes prévues mardi, ni à la séance de conclusion avec Manuel Valls.

"Nous sommes très interrogatifs sur l'intérêt de ces tables rondes qui interviennent alors que des annonces ont déjà été faites, en particulier par le Premier ministre", a expliqué Gérard Rodriguez.

"On est plus dans la mise en scène et la communication. C'est la raison qui nous a conduit à considérer que nous n'avons rien à faire à ces tables rondes", a-t-il ajouté, à propos de cette décision prise en fin de matinée en bureau confédéral.

Manuel Valls a suscité la colère des syndicats en annonçant notamment la semaine dernière le report partiel d'un mécanisme de compensation de la pénibilité au travail lié à la réforme des retraites pour apaiser la Medef et la CGPME, qui menaçaient eux aussi de ne pas participer à la conférence.

Force ouvrière (FO) et la CGT avaient alors brandi la menace d'un boycott au moins partiel de cette grand messe annuelle instaurée par François Hollande après son arrivée à l'Elysée.

Thierry Lepaon avait sommé le chef de l'Etat de clarifier sa vision du dialogue social avant une décision définitive. "On va écouter François Hollande mais nous n'allons pas changer d'avis. Sa réponse est tout sauf satisfaisante", a dit Gérard Rodriguez.

"MÉPRIS"

Le secrétaire général de FO a déclaré à son arrivée réserver sa réponse au chef de l'Etat, qui avait un échange de deux heures avec les dirigeants des huit principales organisations patronales et syndicales avant de prononcer un discours.

Mais un dirigeant syndical participant à la conférence a confirmé à Reuters que FO ne serait pas non plus présente mardi.

Jean-Claude Mailly a multiplié ces derniers jours les déclarations critiquant la méthode du Premier ministre, qu'il accuse lundi dans Le Figaro de "mépris" envers les syndicats.

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avocat d'une culture du compromis à l'allemande et jusqu'ici soutien des réformes entreprises par le gouvernement, n'a pas non plus apprécié les annonces de Manuel Valls.

Mais il a assuré que la politique de la chaise vide n'était pas dans la tradition de son organisation et confirmé sa participation à l'ensemble de la conférence.

"Avec cinq millions de chômeurs et huit millions de personnes en-dessous du seuil du pauvreté, nous n'avons pas le droit d'être dans les postures et les tactiques", a-t-il dit à son arrivée à la conférence.

L'attitude de la CGT irrite aussi le président de la CGPME, qui a lancé lundi matin sur Europe 1: "La CGT, ras-le-bol !".

"La CGT commence à nous énerver un tout petit peu", a expliqué Jean-François Roubaud. "Ils nous disent qu'on leur refuse le dialogue social et dans le même temps ils nous bloquent la France avec la grève de la SNCF, ils sont en train de bloquer les relations entre le continent et la Corse (avec le conflit de la SNCM). Et puis il y a les intermittents du spectacle" (qui menacent de bloquer les festivals de l'été).

"URGENCE"

Selon le texte de son intervention devant François Hollande, le président du Medef, Pierre Gattaz, a pour sa part lancé un appel à "dépasser les postures" -renvoyant au gouvernement et au syndicat un reproche souvent fait à son organisation.

Il a dressé un sombre tableau de la situation économique et sociale de la France -"Il y a urgence", a-t-il dit avant de se prononcer pour un "dialogue social renouvelé".

En marge de cette séance inaugurale, un responsable du Medef a estimé qu'il faudrait remplacer les grands messes comme cette conférence sociale par un rendez-vous "moins médiatique".

Laurent Berger a quant à lui demandé au patronat de tenir les engagements liés au pacte de responsabilité, qui prévoit 40 milliards d'euros de baisses de charges et d'impôts pour les entreprises en échange d'embauches, d'investissements et d'efforts en matière de formation.

Mardi, les tables rondes animées par des ministres porteront sur l'emploi, l'insertion professionnelle des jeunes, l'agenda économique et social européen, l'investissement, la politique de santé, le pouvoir d'achat, et la réforme de l'action publique.

Manuel Valls souhaite que les partenaires sociaux se saisissent de sujets sensibles comme les simplifications "possibles" du code du travail ou la question des seuils sociaux et de la représentation des salariés.

La relance de l'apprentissage et de l'emploi des seniors, jugée cruciale pour lutter contre le chômage des jeunes et des plus de 50 ans, est également au programme.

(Avec Marine Pennetier)

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  • roulio86 le lundi 7 juil 2014 à 17:36

    Comportement de gens complètement irresponsables , à continuer comme ça le mur arrivera plus vite....seul point positif , nous seront enfin débarrassé des socialopitheques......

  • benoitdh le lundi 7 juil 2014 à 17:10

    COMPORTEMENT RIDICULE DE LA CGT et FO QUI VEULENT FINIR DE METTRE A PLAT L'ECONOMIE DE NOTRE APYS