Cette villa en osmose avec la nature est tout sauf écolo

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EN IMAGES - C’est l’une des réalisations emblématiques du génial architecte Frank Lloyd Wright mais cette superbe maison qui semble communier avec son environnement n’a rien d’une construction durable.

Osmose, communion, harmonie avec la nature: voici les expressions auxquelles on associe volontiers l’architecte américain Frank Lloyd Wright qui a toujours pris beaucoup de soin à intégrer ses constructions dans leur cadre naturel. Et l’une de ses réalisations emblématiques, Fallingwater House en est forcément une parfaite illustration. L’image est idyllique avec cette cascade qui traverse la maison, l’utilisation de pierre naturelle venant contraster avec le béton et le choix de n’effectuer aucun terrassement pour donner l’impression d’une empreinte humaine minimale.

* À lire aussi: L’ultime villa dessinée par Franck Lloyd Wright est à vendre

À y regarder de plus près cependant, le bâtiment n’est absolument pas écologique, comme le relève le journaliste et architecte Lloyd Alter, du site spécialisé dans le développement durable Treehugger, par ailleurs amateur de l’œuvre de Frank Lloyd Wright. «C’est probablement l’un des bâtiments les moins durables jamais construit, écrit-il. Il réclame des soins et des travaux constants pour lutter contre l’humidité. C’est un défi et des frais permanents pour le Conservatoire de Pennsylvanie occidentale qui en a la charge.»

Par ailleurs, rien n’est écolo dans cette résidence secondaire (un concept pas très vert lui non plus) trop grande, trop chère et pour laquelle il fallait dans les années 40 quatre voitures pour acheminer sur place la famille de son riche propriétaire Edgar J. Kaufmann et ses domestiques. Enfin, sa situation de carte postale n’est sans doute pas idéale non plus pour la rivière, pile au sommet d’une chute d’eau. «Choisissons quelque chose de beau et naturel et construisons pile par-dessus, voilà qui va à l’encontre de toute démarche que retiendrait un architecte environnementalement correct», écrit encore Lloyd Alter.

Sans oublier les problèmes spécifiques du bâtiment: les balcons en porte-à-faux effrayaient les propriétaires qui les ont fait renforcer et pourtant ils donnent encore et toujours des signes de fragilité. Les proportions de la villa sont étranges: le salon et les terrasses sont immenses alors que la cuisine est réduite à sa plus simple expression, l’escalier qui mène à l’étage est très étroit et les chambres franchement minuscules. Le propriétaire lui-même s’est plaint à l’architecte d’avoir hérité d’un bureau aussi réduit et lui aurait écrit «qu’il n’y a même pas la place d’y signer un chèque pour son architecte».

Et en même temps, ce bâtiment signait, à la fin des années 30 quand il a été construit, la volonté d’une plus grande communion avec la nature. Le propriétaire rêvait de positionner sa maison pour voir les chutes mais l’architecte en a décidé autrement lorsqu’il lui a écrit: «Je veux que vous viviez avec la chute d’eau pas que vous la regardiez simplement. Je veux qu’elle devienne une partie intégrante de vos vies.» À défaut d’être un bâtiment vert, cette villa peut néanmoins être perçue comme une œuvre d’art, une source d’inspiration, un témoignage de cette envie de vivre avec la nature. Écolo ou pas, elle reste plébiscitée comme l’une des plus impressionnantes maison d’architecte.

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  • dotcom1 il y a une semaine

    On attend avec impatience votre article sur les immeubles de Le Corbusier. Serez-vous aussi acerbe avec ce bétonneur de gauche?