Cette fois, Nice ne peut plus se cacher

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Une victoire à Lyon vendredi (20h30) et Nice monterait sur le podium de L1 à quatre journées de la fin de la saison. Une situation qui a contraint Claude Puel à reconnaître que l'OGCN était désormais candidat à l'Europe.

Claude Puel n’avait plus le choix. Après avoir protégé autant que possible son groupe dans une course à l’Europe pour laquelle il n’était initialement pas programmé, l’entraîneur de Nice a fini par se rendre à l’évidence. Quatrième du classement avec cinq journées encore à disputer, l’OGCN ne peut plus se cacher, publiquement du moins. Puel a lâché le « gros mot » en conférence de presse mercredi, à deux jours de défier Lyon en ouverture de la 34eme journée de L1 dans un duel qui propulserait les Aiglons sur le podium en cas de victoire. « On a redéfini nos objectifs, a soufflé l’ancien coach de l’OL. Sur ce dernier sprint, je considère qu'il y a trois places européennes, la deuxième, la troisième et la quatrième. On est prétendants pour ces places-là, comme cinq autres équipes. Il y a six équipes pour trois places, donc on peut avoir 50 % de chances. » Il l’a reconnu, avec un soupçon de mauvaise foi, histoire de mettre la pression sur son adversaire du week-end : « C’est beaucoup, pour un club "moyen" comme le nôtre ».

Quarante ans plus tard ?

Nice n’a pas l’habitude de ferrailler aux sommets à pareil instant de la saison. Son dernier podium en L1 remonte à la saison 1975-76, soit très exactement quarante ans. Autant dire que ce n’est pas dans l’ADN du club de vivre à de telles hauteurs, où l’oxygène se fait plus rare et la moindre défaite coûte cher. C’est tout le contraire de Lyon, qui n’a pas terminé dans le Top 3 du championnat à seulement deux reprises depuis la saison 1998-99. Voilà certainement pourquoi les Niçois ont esquivé les risques de perdre la tête et pourquoi ils ont tant attendu avant de faire tomber les masques. « Ça ne servait à rien de le faire avant. C’était trop tôt dans l’année, ça n’aurait été que spéculation. Il y a de l'ambition, mais également de l'humilité. Un environnement de supporters croit en nous, c'est normal. L'important, c'est de rester terre à terre. On est les petits outsiders de cette course, on ne se prend pas pour d'autres, mais c'est sûr qu'on ne va pas dire qu'on veut terminer septièmes ou huitièmes...» Ils auraient tort, plus personne ne les prendrait au mot...

Puel : « On ne boxe pas du tout dans la même catégorie »

Avec ce discours, Puel voulait autant prévenir un éventuel emballement médiatique que celui de ses joueurs. Mission réussie, à en croire le technicien azuréen. « Il n’y avait pas à faire redescendre mon équipe, car elle n’était pas montée haut », a souri Puel quand les journalistes lui ont demandé s’il avait été difficile de ramener son équipe à la réalité après la démonstration de force réussie contre Rennes la semaine dernière (3-0). La copie rendue par les Aiglons à l’Allianz Riviera, pas loin d’être la plus aboutie de toute la saison, a ressemblé à un condensé de ce qu’ils font de mieux ces derniers mois. C’est avec sa philosophie de jeu que le Gym a fait exploser l’un de ses concurrents directs. Ce sera encore ainsi qu’il se rendra à Lyon vendredi. « Nos objectifs restent des objectifs de jeu, ça passe obligatoirement par là pour nous. On est concernés, mais on sait que ce sera très difficile, avec des grosses équipes formatées pour être là à ce moment de la saison, des effectifs très conséquents à l'image de notre prochain adversaire (Lyon) qui a une pléiade d'internationaux sur le banc. On ne boxe pas du tout dans la même catégorie, mais on est dans les derniers matchs... »

Puel : « Maintenant, ça n’est que du plaisir »

Alors les Niçois ne s’interdisent absolument plus rien. Sans se mettre de pression négative, bien au contraire. « On avait compartimenté les dix derniers matchs en deux séquences de cinq. L'objectif, c'était de rester placés au terme de la première, ce qui est le cas. Maintenant, ce n'est que du plaisir, on va essayer de prendre ces avec sérieux et plaisir, sans se prendre la tête. (...) Le président (Jean-Pierre Rivère) l'a également dit et je le répète : la saison est réussie sur beaucoup de plans. Ce qu'on joue maintenant, c'est du bonus, mais bien sûr qu'on a envie de faire des bonnes choses, de performer, d'augmenter notre niveau de jeu, d'être en capacité de rester lucides et de garder la tête froide. » Encore un test pour la jeunesse niçoise, qui a passé tous les examens de passage avec brio depuis le début de la saison. Celui-là parait être d’une autre teneur sur le papier. Mais après tout, il n’y a aucune raison de penser que les Niçois ne sont pas dimensionnés pour le relever. En tout cas, il n’y en a plus.
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