Cette année, les sprints font beaucoup jaser sur la Grande Boucle

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Vainqueur de sa deuxième étape sur le Tour de France 2017 ce jeudi à Troyes, Marcel Kittel a bien résumé la situation : « c'était un peu freestyle dans le dernier kilomètre. »

Depuis mardi et la disqualification de Peter Sagan pour cause de coup de coude sur Mark Cavendish à Vittel, les sprinteurs sont sous tension, et chaque (mauvais) geste est désormais épié. Ce jeudi, les deux Français Arnaud Démare (FDJ) et Nacer Bouhanni (Cofidis) se sont retrouvés dans le collimateur, le premier pour être passé par un trou de souris près des barrières et avoir pris beaucoup de risques, et le deuxième pour avoir changé de trajectoire devant le poisson-pilote de Démare, Jacopo Guarnieri. Ils n'ont pas été sanctionnés par les commissaires mais se sont attirés la colère de leurs confrères rois de la dernière ligne droite. « Bouhanni est un trou du cul, un con, un idiot. Il a essayé de nous faire chuter. Le pauvre garçon doit être nerveux : il ne gagne jamais », a déclaré Guarnieri à la RAI après l'arrivée, avant de présenter ses excuses pour l'avoir traité de « con », mais de maintenir son avis sur ce sprint houleux. « C'est l'hôpital qui se moque de la charité là. Regardez juste le dernier kilomètre d'hier et aujourd'hui. #nocomment » a répondu Bouhanni sur Twitter, lui qui avait été privé d'une victoire sur  la Classique de Hambourg en août dernier pour avoir légèrement changé de trajectoire.

Démare « à l'extrême limite »

Victime d'une lourde chute mardi en buttant sur Mark Cavendish, John Degenkolb (Trek-Segafredo), sans critiquer ouvertement le sprint d'Arnaud Démare, a estimé qu'il avait sans doute pris trop de risques. « Dans les derniers mètres, Démare est passé par un endroit très étroit, il n'y avait quasiment pas d'espace. C'était très, très serré. Il faut prendre les bonnes décisions. Quand tout se passe bien, il n'y a pas de problème mais si ça se termine comme l'autre jour avec moi et Cav au sol, ce n'est pas bien », a déclaré l'Allemand, alors que Démare a reconnu qu'il était « à l'extrême limite. » Le poisson-pilote d'Alexander Kristoff (Katusha-Alpecin), Marco Haller, avait d'ailleurs levé le bras pour protester contre le maillot vert français à une cinquantaine de mètres de la ligne. Si les sprints sont disputés comme jamais en ce mois de juillet, c'est parce que le Tour de France reste la plus grande course du monde (il n'y a qu'à comparer avec le niveau des sprints sur le Giro et la Vuelta) et que chacun veut briller. « Même s'il manque deux gars (Sagan et Cavendish), le niveau est fou ! Il faut se battre contre les meilleurs sprinteurs du monde. C'était fou. C'était super, super rapide. C'est le plus haut niveau et tout le monde veut gagner. C'est difficile à décrire », poursuit Degenkolb. Ce vendredi, à Nuits-St-Georges, l'arrivée devrait à nouveau se jouer au sprint. En espérant qu'il soit beau et que les limites ne soient pas franchies...

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