Cet architecte atypique conçoit les locaux du camp de réfugiés de Paris

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Le jeune architecte Julien Beller se définit comme un spécialiste de «l’acupuncture urbaine» et du logement précaire. C’est lui qui est chargé de l’aménagement du camp de réfugiés installé ces prochaines semaines à Paris.

Un défi supplémentaire pour Julien Beller. C’est à cet architecte atypique de 38 ans qu’a été confiée la responsabilité d’aménager un ancien espace de frêt et de stockage de la SNCF pour en faire un centre d’accueil de réfugiés. Installé dans le nord de Paris à proximité de la porte de la Chapelle au 70, boulevard Ney dans le XVIIIe arrondissement, ce camp dont la gestion future a été confiée à l’association Emmaüs Solidarité, a pour vocation d’accueillir dans les prochaines près de 400 hommes seuls. C’est l’un des sites détaillés par la maire de Paris Anne Hidalgo dans sa présentation, ce mardi, du projet «Camp de réfugiés» . Le second centre dédié aux femmes et aux familles est prévu dans l’ancienne usine des eaux à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, et verra le jour «d’ici la fin de l’année».

L’ambition d’humaniser cet espace d’accueil

Notamment spécialisé dans les projets d’habitats précaires et d’équipements publics, Julien Beller raconte «s’être engouffré avec enthousiasme dans ce défi: développer rapidement, avec des moyens raisonnables, une structure qui fasse symbole» comme le rapporte un reportage de Télérama. Pour aménager la halle de 5000 mètres carrés au sol qui formera le plus grand bâtiment du camp, l’architecte s’est inspiré de l’héritage du camping, des mobil-homes, de l’habitat nomade.

Loin des hangars impersonnels et inhumains, l’architecte a imaginé un centre d’accueil plus chaleureux, capable de répondre aux besoins quotidiens. L’immense espace sera ainsi rythmé par des îlots d’échanges dans lesquels les réfugiés pourront rencontrer une équipe d’accompagnateurs. À côté d’un espace de restauration, des lits seront installés avec prises électriques, tandis que les toilettes et douches seront aménagées tout près dans des containers de bois. «Recharger son téléphone portable, se poser pour discuter avec un voisin, un ami ou quelqu’un de la famille», des habitudes simples que l’architecte souhaite préserver pour le confort des futurs résidants temporaires de la halle.

Un architecte qui veut accompagner ces «villes informelles»

Ce que certains peuvent appeler des «bidonvilles», Julien Beller les appelle quant à lui «des villes informelles» où il aime réaliser des projets «d’acupuncture urbaine». À de nombreuses reprises déjà, l’architecte formé à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris la Villette s’est illustré dans l’aménagement d’espaces publics temporaires. Engagé, il n’a pas hésité à rencontrer les communautés roms et roumaines de France pour imaginer et installer des toilettes sèches pour le camp du Hanul à Saint-Denis, évacué en 2010 après dix années d’occupation.

Et lorsqu’il réalise l’ambassade du Pérou, à Ris-Orangis, il ne faut pas croire qu’il est rentré dans le rang avec un bâtiment officiel. Le Pérou en question n’est qu’un jeu de mots, un acronyme pour l’association Pôle d’exploration des ressources urbaines et son «ambassade» est un espace commun pour les habitants d’un bidonville local. Ses voyages l’ont aussi conduit plus loin, comme au Togo et au Cameroun où, il a pu concevoir différentes installations comme un orphelinat et une coopérative pour femmes avec l’Organisation des Architectes Alternatifs. Logement précaire d’urgence, mobilité en ville, solution d’habitat peu coûteuse et sécurisée, les thèmes récurrents de réflexion et les défis de Julien Beller à travers son studio 6B et son association No Mad’s Land.

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