Ces start-up qui choisissent la campagne pour se loger mieux et moins cher

le
1

À la recherche d'une meilleure qualité de vie, un nombre grandissant de jeunes entrepreneurs optent pour la campagne. Que ce soit en Bourgogne, en Franche-Comté ou en Auvergne, ils créent de nouvelles Silicon prairies.

Après avoir étudié à Paris puis travaillé à Londres pendant 8 ans, c'est à Cluny (Bourgogne) qu'Antoine de Corson a choisi de s'installer pour lancer sa start-up, GroupCorner, site de réservation d'hôtels spécialisé dans les groupes. Du côté des loyers, c'est sûr, il a sacrément gagné au change. «Alors qu'avec ma jeune famille, il fallait compter près de 2500 livres par mois (3400 euros), j'ai disposé dès mon arrivée à Cluny d'un logement de 200 mètres carrés avec des espaces extérieurs pour 500 euros», se souvient-il. Même chose pour ses locaux professionnels, où ses 90 mètres carrés de bureaux lui coûtaient tout juste 200 euros. Depuis, il a pu s'offrir une vaste maison sur place en réservant une partie des lieux à son activité et à celles des quelques membres de sa société.

«J'ai été très surpris de constater à quel point il est facile de travailler depuis la campagne, admet-il. A la base, je me suis installé en Bourgogne car c'était le lieu de résidence secondaire de mes parents. Ce n'était qu'une solution temporaire.» Un an et demi après le lancement de sa société, le temporaire dure toujours et il y a pris goût. «En fait, il suffit d'un bon accès Internet et d'une gare TGV à proximité car je me rends régulièrement à Paris pour les contacts avec les enseignes hôtelières, résume-t-il. Tout le reste nous l'avons sur place.»

Au-delà de la qualité de vie qu'il a trouvé et qui séduit son épouse et ses enfants, Antoine de Corson apprécie le soutien des collectivités locales et des chambres de commerce qui soignent particulièrement les entrepreneurs ruraux. Et même si les recrutements peuvent être plus difficiles que dans les grandes villes, il n'a pas encore rencontré de problème jusque là. Aujourd'hui, il n'hésite pas à se revendiquer de la Silicon Prairie, cet ensemble de technopoles américaines nées dans les campagnes de l'Illinois et du Texas. Un mouvement qui prouve que l'on peut rester à la pointe du progrès dans un environnement rural.

Un voisin et ami bourguignon acquiesce. Alexandre Girod a, quant à lui, monté un réseau social autour du vin baptisé Initial-group et s'est installé du côté de Tournus. «Moi aussi, j'étais un urbain, toujours entre deux voyages, explique-t-il. Depuis que je suis à la campagne j'ai gagné en qualité de vie et en sérénité. Je vis désormais dans un ancien café de 360 m² où j'ai installé ma société.» Une implantation qui influence fortement sa façon de travailler. Sa première cave, il vient de l'ouvrir dans un bourg de 2000 habitants. «Les gros centre-ville se désertifient en commerces alors que de petites villes de ce format conservent dynamisme et convivialité.» Il prévoit déjà deux autres ouvertures de caves en s'appuyant sur une clientèle de particuliers et de restaurants locaux.

Silicon Comté

Evidemment, la Bourgogne n'a pas l'exclusivité sur ce mouvement. Tout près de là, la région de Besançon dispose de sa Silicon Comté. En un an d'existence, cette association fédère déjà plus de 50 professionnels indépendants et entrepreneurs de la filière numérique franc-comtoise.

Quant à l'Auvergne, elle multiplie les initiatives pour accueillir des start-up dans les meilleures conditions. Première région européenne 100 % haut débit, le pays des volcans ne manque pas une occasion pour faire parler de lui. Avec son New Deal Digital, la région offre à dix porteurs de projets de moins de 35 ans, la possibilité de venir créer leur entreprise en leur offrant pendant 6 mois un salaire, un logement et un bureau. Dépôt des candidatures jusqu'au 15 avril pour les nouveaux aventuriers de la start-up rurale.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • KENTOF le mercredi 25 fév 2015 à 09:09

    et oui même en province on a internet haut débit, ça vous étonne mais si si je vous le confirmne :-)