Ces mots qui nous gouvernent (8) : la gauche

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François Hollande a redéfini la gauche non comme une force d'opposition, mais comme celle qui a le courage de gouverner.
François Hollande a redéfini la gauche non comme une force d'opposition, mais comme celle qui a le courage de gouverner.

La gauche française est en guerre avec elle-même. Pour la première fois, sous la Ve République, vingt-six députés issus du parti présidentiel ont tenté de déposer une motion de censure contre leur gouvernement. La querelle porte sur le droit à se réclamer de la gauche. Dans la rue, des locaux du PS sont saccagés. Sur les rangs de l'Assemblée nationale, les « frondeurs » du Parti socialiste dénoncent dans le « projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs », connu sous le diminutif de « loi travail », un renoncement à l'essence de la gauche tandis que les défenseurs du gouvernement mettent en avant une gauche moderne.

La discorde à gauche est une rançon de l'histoire. Ne devrait-on pas plutôt parler de la gauche au pluriel ? Mais dire les « gauches » reviendrait à renoncer à l'efficacité symbolique du mot que la France imposa au reste du monde : celle d'une division de la démocratie en deux camps, l'un attaché au progrès, l'autre à la tradition ; l'un au « mouvement », l'autre à « l'ordre ». Mais, précisément, ce n'est pas un contenu que la langue politique française privilégie, mais une position dans les assemblées. Dès la Révolution française, le « coin gauche » se rassemblait, selon l'observation d'un député de l'époque, « des hommes qui ont des opinions exagérées, mais qui, en général, ont de la liberté et de...

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