Ces copropriétaires happés dans la spirale du mal-logement

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Dans son rapport sur le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre met en garde contre le phénomène des «copropriétés dégradées». Plus d'1 million de logements seraient en situation de fragilité sur 6,6 millions de copropriétés.

Étre propriétaire dans un immeuble collectif est «une opportunité pour certains, un piège pour d'autres». Dans son rapport 2014 sur le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre pointe la fragilisation de certaines copropriétés, un phénomène qui semble se développer «de façon discrète, parfois souterraine», suivant ainsi «la montée des précarités» en France. Il dépasse ainsi les frontières de quelques cités «emblématiques» telles que Clichy-Montfermeil, Grigny 2 ou le «Petit Bard» à Montpellier...

D'après l'association, qui cite un récent rapport de l'Agence nationale de l'habitat (Anah), plus d'1 million de logements se trouvent en situation de fragilité potentielle sur un total de 6,6 millions de logements en copropriété. La spirale infernale peut s'enclencher dès lors que certains occupants ne paient pas leurs charges, entraînant ainsi des dysfonctionnements dans les services et équipements collectifs (entretien, éclairage, ascenseurs, chauffage, etc.), une dégradation des parties communes et des logements pouvant aller jusqu'à l'insalubrité.

Charges financières pénalisantes

Un scénario qui devient d'autant plus crédible que le parc en copropriété accueille une part non négligeable (17%) de ménages parmi les plus modestes, qu'ils soient propriétaires occupants -ils représentent 47% du parc - ou locataires. Ceux-ci ont soit accédé à la propriété avec des moyens trop limités pour faire face aux charges collectives ou à d'éventuels travaux, ou bien supportent des niveaux de loyers et de charges trop élevés. La Fondation Abbé Pierre a estimé dans une enquête que le coût lié au logement représente en moyenne 44% des ressources des ménages. Un poids qui dépasse les 60% pour les occupants pauvres et modestes.

L'âge de la copropriété est un facteur aggravant. Les copropriétés bâties avant 1949 ou durant les Trente Glorieuses (1949-1974) abritent une grande part de ménages modestes, propriétaires âgés ou locataires. Et concentrent les plus gros problèmes de dégradation, d'obsolescence, voire d'insalubrité de l'habitat. D'après l'Anah, les copropriétés qui présentent les risques les plus importants se situent presque exclusivement en espace urbain (97%) et sont concentrées dans les régions Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte-d'Azur et Rhône-Alpes. A l'inverse, les fractions les plus récentes du parc en copropriété, qui ne souffrent pas des mêmes «signes de dépréciaiton», sont occupées par une proportion de propriétaires très élevée (56%) et des ménages «globalement plus jeunes et plus aisés».

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  • paspil le lundi 3 fév 2014 à 18:42

    qd certains ne payent pas c'est tout le groupe qui plonge cela s'appelle la solidarité

  • heimdal le vendredi 31 jan 2014 à 13:56

    I faut absolument réformer le fonctionnement et la transparence des syndics de co-propriété .Ils se gavent abusivement et ne respectent pas la loi car il n'y a personne pour la faire appliquer .

  • j.barbe6 le vendredi 31 jan 2014 à 13:16

    Ah bon selon les socialistes et FG le propriétaire est riche non ?

  • gnapi le vendredi 31 jan 2014 à 11:51

    Je me trompe où l'époque de l'enrichissement inéluctable par l'immobilier est révolue ?