Ces architectes qui défendent des édifices impopulaires

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EN IMAGES - De la célèbre Tour Montparnasse à Paris à la BT Tower de Londres, les infrastructures les plus détestées à travers la planète sont défendues par de grands noms de l’architecture.

Défendre l’indéfendable pour certains... défendre un patrimoine architectural qu’il faut protéger et sauvegarder pour d’autres! Dans ses colonnes, le pour défendre les édifices impopulaires à travers le monde. Le Figaro Immobilier en a sélectionné cinq, dont deux monuments parisiens incontournables: la célèbre tour Montparnasse - dont le quartier pourrait devenir le «Times Square parisien» - et le centre Georges Pompidou, situé sur le plateau Beaubourg.

La Tour Montparnasse

Avec ses 210 mètres de hauteur, la dame de verre du XVe arrondissement est le seul gratte-ciel que l’on peut apercevoir dans le ciel parisien. Si elle est souvent accusée d’être vieillote, la tour Montparnasse devrait être l’objet d’un raffraîchissement dans les prochaines années, avec notamment une nouvelle façade translucide. Dans le New York Times, l’architecte polonais Daniel Libeskind prend sa défense «non pas parce qu’elle est particulièrement belle, mais parce qu’elle représente une certaine idée. Selon Libeskind, les parisiens «ont été paniqués quand ils l’ont vu, et (...) ils ont abandonné l’idée de continuer à construire plus haut». Il précise que les parisiens ont également «échoué à essayer d’être une ville vivante contre une ville musée».

L’Empire State Plaza à Albany aux États-Unis

Quand l’Empire State Plaza fut inauguré en 1976 à Albany, dans l’État de New-York aux États-Unis, le New York Times titrait: «Une grandiose et pure folie». Un titre évocateur pour cette infrastructure de 180 mètres de hauteur commandée par l’ancien Gouverneur, Nelson Rockfeller, pour un montant de deux milliards de dollars (1,8 million d’euros). À l’époque, il avait fait exproprier plus de 9000 personnes qui vivaient sur les lieux pour lancer les travaux. L’Empire State Plaza a toujours été critiqué pour son architecture abrupte. Il abrite aujourd’hui plusieurs administrations publiques de l’État de New York. Pour l’architecte allemande Annabelle Selldortf, cet édifice américain possède «une abstraction sculpturale et architecturale poussées à l’extrême». Et d’ajouter: «Je sais que d’autres le trouve trop brutal ou répulsif, mais je pense qu’il est beau dans sa monumentalité et son austérité. La monumentalité suggère toujours le pouvoir suprême, ce qui est effrayant.»

On Vele Di Scampia à Naples, Italie

Depuis sa construction entre 1962 et 1975, ce bâtiment imposant imaginé par Francesco Di Salvo à Scampia, près de Naples, en Italie, suscite la polémique. Habité un temps par plus de 40.000 personnes sur une superficie de 4 km², de nombreux logements du Vele ont été dersertés après le séisme Irpinia survenu en 1980. Depuis, un bon nombre de parties de l’édifice est aux mains de la Camorra (mafia urbaine de Naples) et des squatters. Néanmoins, pour l’architecte italienne Ada Tolla ce complexe était jugé «très positif, optimiste et progressiste». Il incarnait «l’idée de la mégastructure comme un mécanisme qui pouvait résoudre le problème urgent du surpeulement et de la saturation du centre ville de Naples». Pour Ada Tolla, l’édifice du Vele de Scampia n’est pas «un échec de l’architecture mais plutôt un échec dans l’exécution et la gestion».

• BT Tower à Londres, Royaume-Uni

Pour fêter le 50ème anniversaire de la BT Tower à Londres, un restaurant sera à nouveau ouvert pendant deux semaines au 35ème étage de l’édifice (191 mètres de hauteur), offrant une vue imprenable sur la capitale anglaise. Construite au début des années 1960, la BT Tower a accueilli jusqu’en 2011 le réseau de télécommunications anglais. Si la tour n’est pas attirante au premier coup d’oeil, l’architecte anglaise, Amande Levete tient à défendre cet édifice qu’elle compare à «cylindre élégant». «Ce qui me fascine c’est qu’en son temps la Tour BT était une construction qui était entièrement dédiée à sa fonction, une tour de communication. Maintenant, sans les antennes paraboliques, ce but est superflu», estime t-elle.

Le Centre Georges Pompidou

Pour le dernier exemple d’édifice impopulaire, retour à Paris avec le Centre Georges Pompidou! Né de la volonté de l’ancien président de la République qui lui a donné son nom, le centre sera inauguré bien après sa mort, le 31 janvier 1977. À l’époque et encore aujourd’hui, l’infrastructure de style industriel agressif est jugée comme une attaque à l’architecture historique de Paris. L’architecte belge Vincent Van Duysen salue le message que fait passer l’identité du musée. Selon lui, cet édifice parisien - qui reçoit plus de 5 millions de visiteurs par an - a «inversé le modèle typique d’un musée en quelque chose qui engageait et invitait le public. Pendant cette periode-là, il fallait faire l’architecture différemment, comme un choc. Ce choc a libéré beaucoup d’émotions et de perceptions».

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