Certains des 3 millions de mal-logés en France sont des cadres

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Selon une étude Insee, 43% des personnes mal-logées ont un emploi, et occupent parfois même un poste de cadre.

Il y a quelques semaines, une étude Ifop/SeLoger.com révèlait que près d'un quart des Français craignaient d'être un jour concernés par la précarité du logement. Les derniers chiffres publiés par l'INSEE - l'institut français des statistiques - affirment que cette situation était déjà une réalité pour près de trois millions de personnes à la fin des années 2000.Selon l'enquête, la France comptait 250.000 personnes sans domicile ou en hébergement précaire, et 2,9 millions vivant dans des logements sans confort. Ces statistiques mettent également en lumière l'impact de la crise du logement dans le pays, et viennent à l'appui de ceux publiés par les associations, au premier rang desquelles la Fondation Abbé Pierre qui dénoncent régulièrement cette situation.Cette dernière recensait début 2010, 3,5 millions de «mal-logés», en se fondant sur des critères différents de ceux retenus par l'Insee. Elle doit publier début février son seizième rapport sur le mal logement.

Population masculine d'Ile-de-France

L'Institut évalue à 33.000 le nombre de personnes sans abri ou hébergées en centres d'urgence en France métropolitaine. Cette population, fortement masculine, est pour près de la moitié localisée en Ile-de-France, précise-t-il. S'y ajoutent 66.000 personnes (dont 30% de mineurs et 40% de femmes) hébergées pour des durées plus longues par des établissements sociaux, comme les centres de réinsertion sociale ou les établissements d'accueil mère-enfant, et 34.000 vivant dans des logements relevant de l'aide au logement temporaire (ALT). À côté de ces 133.000 personnes sans domicile, l'Insee en dénombre 38.000 autres vivant à l'hôtel à leurs frais et 79.000 hébergées par un parent ou un ami faute de moyens financiers suffisants pour disposer d'un logement indépendant. L'étude précise que ces situations «touchent plus particulièrement des hommes, des Franciliens et des jeunes» et qu'elles concernent à 43% des personnes qui ont un travail, le plus souvent des ouvriers et employés.

A ce «noyau dur», l'Insee ajoute 282.000 jeunes adultes (chiffre 2002) contraints d'habiter chez leurs parents ou grands-parents. «Pour ces personnes, plus encore que pour les hébergés du 'noyau dur', être hébergées et occuper un emploi, y compris de niveau cadre, peuvent aller de pair», note l'étude.

800.000 personnes dans des logemenst surpeuplés

Deuxième grande catégorie identifiée par l'Insee: les victimes de mauvaises conditions de logements, qu'elles habitent dans des logements insalubres, peu ou mal chauffés, privés de sanitaires ou surpeuplés. Leur nombre est estimé à 2,9 millions (1,1 million de ménages). Cette population regroupe les personnes vivant dans des habitations «de fortune» (constructions provisoires ou caravanes pour l'essentiel), estimées à 85.000 en 2006, celles occupant des logements considérés comme «privés de confort» au regard des critères de la loi de 2007 sur le droit au logement opposable (Dalo), qui seraient 2,1 millions, et les occupants de logements surpeuplés, estimés à 800.000 personnes.

L'étude de l'Insee, qui se fonde sur des données recueillies pour la plupart entre 2002 et 2008 précise qu'un million de ménages à faibles ressources déclarait en 2006 avoir des difficultés à payer leurs dépenses de logement ou être en situation d'impayés.

(Avec Reuters)

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