Certaines régions de Syrie en proie à la guerre civile

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Certaines régions de Syrie en proie à la guerre civile
Certaines régions de Syrie en proie à la guerre civile

GENEVE (Reuters) - Les combats ont été si violents dans certaines zones de Syrie que le soulèvement contre Bachar al Assad a donné lieu à des guerres civiles locales, a estimé mardi le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Sur le terrain, les violences ont fait sept nouveaux morts mardi dans la province d'Idlib (nord) et dans celle de Homs (centre-ouest), selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

A Genève, Jakob Kellenberger, le président du CICR, a estimé que certains théâtres d'affrontements, comme la ville de Homs ou plus récemment celle d'Idlib, remplissaient les trois critères qui caractérisent un conflit armé non international définis par l'agence humanitaire. Ces critères sont l'intensité des combats, leur durée et le niveau d'organisation des rebelles.

"Il s'agit d'une situation de conflit armé interne dans certaines zones, comme l'a montré l'exemple de Bab Amro, à Homs, en février", a déclaré à Reuters Jakob Kellenberger, précisant que le terme ne pouvait s'appliquer à tout le pays.

En conséquence de cette évaluation du CICR, la loi humanitaire internationale, régie par les conventions de Genève, s'applique pour les deux camps dans les différentes zones de Syrie où la guerre civile fait rage.

Les avocats du CICR et d'autres travailleurs humanitaires ont tenté de répondre à la question de savoir si l'on pouvait parler de guerre civile en Syrie, après 14 mois de violences qui ont fait au moins 9.000 morts selon les Nations unies.

Seulement récemment, il ont estimé que les rebelles syriens constituaient une opposition organisée armée. Kellenberger a également noté que la nature de la violence avait peu à peu évolué vers une logique de "guérilla".

PAUSES HUMANITAIRES

Par ailleurs, le CICR a lancé un appel à ses donateurs en vue de recueillir vingt millions d'euros pour financer les activités d'assistance qu'il mènera jusqu'à la fin de l'année en faveur des personnes touchées par les affrontements en Syrie.

"L'accès sans entrave aux zones touchées par les combats est essentiel pour intensifier nos opérations", a ajouté le chef du CICR.

"Ces deux derniers mois, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien ont pu avoir accès à la population dans les gouvernorats de Homs, Idlib, Hama, Deraa, Alep et Damas. Il est encourageant que notre dialogue avec les autorités et l'opposition porte ses fruits. Nous avons notamment pu assurer une 'pause humanitaire' pour la première fois il y a près de deux semaines, à Douma, près de Damas, durant deux jours consécutifs", a-t-il poursuivi.

Des membres du CICR vont visiter des détenus retenus dans une prison d'Alep (nord) durant la semaine du 14 mai. Il s'agira de la seconde visite d'une prison en Syrie, après celle de septembre à Damas.

D'après des groupes d'opposants, au moins 15.000 personnes ont été arrêtées par les forces de sécurité et de nombreuses familles ignorent où se trouve leur proche incarcéré.

Le chef de la Ligue arabe Nabil Elarabi, en voyage à Pékin, a dit mardi que la poursuite des violences en Syrie pourrait "conduire le pays à la guerre civile", répétant également son souhait de voir le plan Annan appliqué dans le pays.

Le plan en six points de l'émissaire comprend un cessez-le-feu, le déploiement d'observateurs et un libre accès au pays pour les journalistes et les organisations humanitaires. Une cinquantaine d'observateurs et collaborateurs civils sont aujourd'hui déployés en Syrie.

Stephanie Nebehay, Hélène Duvigneau et Benjamin Massot pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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